mardi, mai 20, 2008

Le communautarisme noir est une insulte aux afrodescendants



ecoutez bien, la journaliste, jean Loup Anselme, un africaniste comme son nom l'indique

Racisme anti-blanc, antisémitisme noir, Nation noire, communautarisme noir, identité noire, bande ethnique, ethnicisation, tribalisation, fracture identitaire, balkanisation, libanisation, anti-républicanisme, la République enlisée, Francophobie etc. une avalanche de notions et d’expressions aussi floues qu’insoutenables alimente aujourd’hui les discours publics et médiatiques au sujet des mobilisations collectives noires. A l’instar des mouvements beurs des années 80-90, les mobilisations collectives des afrodescendants provoquent une sorte d’hystérie « républicaniste » sur fond d’accusations de communautarisme. Pourquoi parlez-vous de communauté noire, mais les antillais ne sont pas des africains, l’immigré malien n’a rien a avoir avec l’ultramarin etc…En réalité ce que dissimule ces discours qui laissent poindre une inquiétude voire un agacement chez certains, c’est tout simplement le fait que les Noirs dans leur immense majorité prennent conscience aujourd’hui du mobile profond de leur marginalisation et exclusion sociale, économique, politique et culturelle. A savoir le fait d’être porteur d’un stigmate de couleur perçu par la majorité comme un tort spécifique et irréductible.

Seulement, ces mobilisations collectives sur fond de prise de conscience sur ce tort spécifique et irréductible que constituerait la couleur de la peau noire ne semblent pas plaire à certains intégristes d’un républicanisme bigot habitués à voir les Noirs désolidarisés et complètement esseulés dans cette souffrance identitaire. Du coup, il convient de coller à tous ces mouvements noirs des qualificatifs aussi injustifiés qu’injustifiables dans l’unique dessein de les disqualifier et de réduire en bouillie les requêtes légitimes qu’ils expriment au nom d’ailleurs d’une application effective des principes républicains.

Ces accusations de communautarisme ne sont ni plus ni moins qu’une insulte lancée à tous les afrodescendants. Une nouvelle façon de les représenter comme le firent les images de ya bon banania. Ainsi, de la même manière que le joyeux Noir banania est assimilé à un grand enfant, le Noir conscient de la spécificité de sa condition serait un communautariste, un raciste, un antisémite. Cette accusation formule grosso modo une interdiction, dissimule un racisme larvé. Elle signifie que le Noir discriminé, ce sujet racisé, sans défense, perçu comme l’antithèse de l’humanité (blanche) souffrant dans son coin tel une souris pourchassée par un chat affamé est préférable à un groupe de Noirs unis par une conscience identitaire d’appartenance à un « Nous collectif ». Ce « Nous collectif » construit sur la base d’une origine et d’une histoire commune, mais désormais réduites en Occident à un simple tort.

Grosse comme une ficelle, l’accusation de communautariste fait sourire tout de même. Comparé au communautarisme de la majorité, celui qui consiste à recruter des personnes en fonction de leur couleur de peau, de leur nom, à octroyer des logements au vu de l’apparence physique des prétendants etc., il y a vraiment de quoi s’étouffer de rire. Favoritisme à l’école, à l’emploi, même les grands partis politiques pratiquent ce communautarisme de la majorité, sans que cela puisse susciter l’indignation des gardiens autoproclamés de l’intégrité républicaine.

En conséquence, il convient d’y voir à travers le procès de communautarisme fait aux Noirs, une nouvelle forme d’indigénisation. Si certains communautarismes bien visibles ne sont pas dénoncés sur la place publique, on peut légitimement parler de racisme contre les Noirs. De la négrophobie. Encore une fois, il s’agit d’une disqualification sur la base de ce tort spécifique. L’arrière plan idéologique et symbolique de cette accusation est celui sur lequel s’appuyèrent les rapports sociaux entre colons et ex-colonisés d’hier. A savoir une infériorisation de l’humanité nègre. Dans la mesure où l’organisation collective noire symboliserait la fin des identités, des statuts, des rôles prescrits pour le Noir. C’est ce qui explique aussi l’infiltration aujourd’hui de certains mouvements noirs afin de contenir leurs velléités émancipatrices.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai l'impression que l'utilisation du mot "racisme" est inflationnaire ! Au lieu de lutter contre le vrai racisme, on traite ceux de racistes qui dénoncent les structures du racisme. Je suis toujours mort de rire quand un blanc affirme d'être victime de racisme "anti-blanc" ! Le racisme anti-blanc c'est quoi ? Il n'existe même pas ! Parce que c'étaient les occidentaux blancs qui avaient inventé la notion de "race". Et qui se sont considéré comme supérieurs. Donc, l'anti-sémitisme n'est pas de racisme anti-blanc, car les juifs ne subissent pas de racisme à cause de leur couleur de peau, mais du fait d'être juifs. Et quand je demande qu'on me donne un seul exemple de racisme anti-blanc : silence ! Ou bien on me parle des cas des blancs en Afrique qui se sont vus expropriés de leurs biens ! Franchement, c'est du n'importe quoi ! J'ai l'impression que les Francais ont un grand problème à regarder la vérité en face. Et de vraiment entamer une lutte contre le racisme et la discrimination.

La lionne

Cézé a dit…

La mauvaise conscience. Cela s'appelle la mauvaise conscience, je ne veux pas me regarder en face, je continue de nier, le remords m'habite, mais j'ai fait de cela le fondement de ma vie, de ma civilisation, dominer, humilier exproprier l'autre, au nom de mon bien être. Alors évidemment, lorsque l'autre dit, faut peut être qu'on construise un avenir commun, il dit non non, toi tu fait du communautarisme, ta sauvagérie revient, tu es inassimilable, tu n'arrives pas à t'intégrer, en plus vous vous battez entre vous, vous êtes tribalistes, hein. Bon écoutes, je te dis de la fermer je t'octroyerai les droits le moment venu sinon...harcèlement, filature, RG, et enfin assassinat ou dans le meilleur des cas placards... A suivre

Anonyme a dit…

Construire un avenir commun comme tu le proposes, cézé, est considéré comme dangéreux ! Parce que le metissage culturel n'est pas vu comme une richesse mais comme une perte d'identité. Or, l'identité n'est rien de "fixe", l'identité est en évolution permanente. Ceux qui s'enferment dans leur identité "nationale" (c'est quoi d'ailleurs ??) ne se rendent pas compte que les sociétés fortement métissées sont les plus fortes.

Concernant le communautarisme, je ne pense pas que le Francais lambda a le droit de donner des conseils. Car les Francais sont les premiers (en bonne compagnie avec les Anglais !) qui se regroupent entre eux. Je connais des Francais qui ont passé presque toute leur vie en tant que fonctionnaires francais en Afrique. Et si tu les demandes combien d'amis africains ils ont, ils te regardent les yeux grands ouverts : zéro ! Parce qu'ils ont passé leur vie en Afrique, mais entre eux. Et les seuls Africains avec lesquels ils avaient un contact perso c'étaient des domestiques...

La lionne

nubiennes a dit…

Pap il les accumule va voir sa dernière interview sur rue89 .
Il parle d'une différence entre métisse et noir et de dépigmentation .Le problème c'est que son analyse est encore légère pour ne pas dire nulle et stérile .
Il ne connait définitivement rien à la communauté .

cézé a dit…

C'est un vendu, et comme tout vendu il doit protéger son strapontion, pour protéger son strapontin, il doit faire du leche-culisme, en faisant du lecheculisme, il rassure le blanc inquiet d'une solidarité noire que lui pratique tous les jours en refusant le travail, le logement, en discriminant le non blanc. Si le Noir est seul, il va penser d'abord à se nourrir, donc à so ventre, sera peu soucieux de son indépendance et de son avenir collectif. Tu peux observer ce principe à tous les niveaux.