mercredi, avril 23, 2008

Les statistiques ethniques reviennent sur la place publique



L'association des directeurs des ressources humaines réclame un recensement des origines des salariés, afin de lutter contre les discriminations en entreprise.

LIBERATION.FR : mercredi 2 avril 2008
Doit-on recenser l'origine des salariés en France ? C'est ce que propose l’association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), dans ses propositions pour 2008. Une mesure censée améliorer la lutte contre les discriminations dans le monde du travail.
Afin de «mesurer l’équité à l’égard des origines», et au vu de l’étude conduite par l’Institut national des études démographiques (Ined) dans plusieurs administrations et entreprises, l’ANDRH «propose d’élaborer un outil de mesure de la diversité» et sa «mise en place progressive», selon les propositions que l’association présentera jeudi à ses membres et à la presse.

Alors que ce type de recensement est controversé et strictement encadré, l’ANDRH précise que la mise en place d’un tel outil «doit évidemment se faire en pleine concertation avec les partenaires sociaux». Il serait en outre «placé sous l’égide de l’Etat, et/ou de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et/ou de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil)», précise l’ANDRH, confirmant une information des Echos.

La proposition de l’ANDRH intervient alors que le Conseil constitutionnel a invalidé en novembre un article de la nouvelle loi Hortefeux sur l’immigration autorisant des statistiques ethniques, notamment dans les entreprises. Alors que de nombreux salariés sont encore discriminés pour leur origine, notamment sur la base de leur couleur de peau ou de la consonnance de leur nom, l’ANDRH soutient qu’on ne peut pas demander aux entreprises de progresser si celles-ci n’ont pas d’outil pour mesurer leur politique d’embauche ou de déroulement de carrières.
L’ANDRH se garde de se prononcer sur la meilleure façon de mesurer l’origine des salariés et s’en remet à l’Ined. Elle précise en revanche qu’elle «souhaite favoriser une immigration de travail et une installation provisoire en France» des immigrés, militant pour «des contrats de travail limités à 2-3 ans».

Parmi les méthodes testées par l’Ined, la première consiste à demander au salarié son pays de naissance, sa nationalité et celle des parents et des grands-parents, la deuxième à lui demander de déclarer ses origines parmi une liste pré-établie d’aires culturelles et une liste de nationalités. La troisième utilise «une déclaration ethnoraciale sur une liste inspirée du recensement britannique».

Près de quatre fois sur cinq, un employeur français préfère embaucher un candidat «d’origine hexagonale ancienne» plutôt que son collègue d’origine maghrébine ou noire africaine, selon le Bureau international du travail (BIT). L’ANDRH travaille au lancement «avant l’été» d’un «label diversité», qui pourrait être accordé après un audit aux entreprises qui le demandent. La mise en place de ce label avait été demandée fin 2005 par le gouvernement Villepin, et le ministère de l’immigration de Brice Hortefeux a ensuite confirmé le projet à l’ANDRH. Il sanctionnerait une attitude exemplaire en matière de discrimination sur l’origine mais aussi dans tous les domaines où le code du travail interdit de faire des différences entre les salariés: âge, handicap, orientation sexuelle, opinions politiques, syndicales ou religieuses.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/318998.FR.php

3 commentaires:

nubiennes a dit…

Je suis pour le recensement après les autres résolution de main d'oeuvre kleenex je n'aime pas se principe .
D'autant plus qu'elle n'est pas applicable face à un marché mondial concurrentiel .

cesaire a dit…

Les statistique c'est la mort nubiennes. Ils veulent faire comme les quotas d'handicapés dans les entreprises. Nous en avons et ça suffit, les autres ANPE. Ils veulent pourvoir se justifier légalement en exhibant leurs noirs d'entreprises comme des trophées olympiques, tiens j'en ai 2 et je respecte la loi je ne suis pas raciste. Pendant ce temps on s'interdit de cerner les processus sociaux institutionnels de production des discriminations et émascule la loi par là même occasion. Sur ça les mecs du Cran n'ont rien pigé à l'affaire.

nubiennes a dit…

Oui je crois que tu as raison et si il y avait des noirs a placer ce serait pour quel genre de poste .