vendredi, avril 04, 2008

Les luttes noires : parenthèses de l'Histoire ou véritable lame de fond ?


Le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné dans un motel de Memphis (Tennessee). Son engagement pour les droits civiques pour la population afro-américaine des Etats-Unis est le moins qu'on puisse dire demeuré un coup d'épée dans l'eau. L'Administration américaine est restée jusqu'à aujourd'hui sourde aux cris de la population africaine américaine qui a indiscutablement contribué à l'épanouissement économique de ce pays.

Bien qu'une classe moyenne afro-américaine a émergé depuis, il faut ne faut perdre de vue la pauvreté grandissante qui touche en premier des millions d'africains américains. Bien entendu, l'administration américaine n'est pas seule responsable, le manque d'organisation de la communauté afro-américaine comparée à des communautés récemment arrivées aux Etats-Unis tend à en faire une raison non négligeable parmi les processus mis en cause dans la situation socio-économique de cette communauté.

Mais il faut bien se rendre à l'évidence que la situation des noirs américains est essentiellement un héritage des politiques successives de ségrégation pratiquées par l'administration américaine. Aujourd'hui tout indique, au regard de la population carcérale noire aux Etats-unis, du nombre de désoeuvrés, que cette politique de ségrégation a continué sous des multiples formes. A titre d'exemple, le nombre de Noirs en prison a quintuplé depuis 20 ans, à tel point qu’ils sont aujourd’hui plus nombreux derrière des barreaux que dans les établissements d’enseignement supérieur. Selon une récente étude menée par l’Institut de police et de justice, un organisme de recherche et d’action basé à Washington, il y avait 791 600 Noirs en prison en 2000, contre 603 032 dans les universités. Un recul considérable par rapport à 1980 : selon l’institut, ils étaient alors 143 000 en prison et 463 700 dans les établissements d’enseignement supérieur (source Unesco).
Les réussites spectaculaires dans le Show biz de certains noirs américains ne sont que l'arbre qui cache une réalité tristement tragique.

Ces succès stories connaissent d’ailleurs des épilogues rocambolesques à l’image de celui de Michael Jackson dont les rumeurs affirment qu’il serait ruiné, plombé par les différents procès, mais aussi par un train de vie mégalo. Après la gloire, la déchéance tel semble être le destin des stars noires américaines comparées à leurs homologues blancs qui après avoir connu les feux de la rampe comme eux arrivent à construire des forteresses imprenables de fortune. Conspiration ou mauvaise gestion ?

5 commentaires:

GANGOUEUS a dit…

Bonjour Césaire,

J'ai beaucoup apprécié cet article et ton analyse est plus que pertinente quand tu fournis ces données comparatives entre l'évolution des populations noires en milieu carcéral et en milieu universitaire. L'American dream n'est pas pour tous.

Ce qui me gêne c'est l'hypothèse d'une éternelle main "noire" qui s'abat sur cette communauté et qui sous ta plume expliquerait la situation actuelle de cette communauté. L'exemple que tu donnes au sujet de M. Jackson est patent.

Sauf qu'aux heures de gloire de M. Jackson, ce dernier a exploité avec beaucoup de génie le système médiatique américain. Comme d'autres puissants, il a su utiliser son argent pour se protéger de ses nombreux déboires judiciaires. Pédophile ou pas son comportement a laissé de nombreux doutes. Et le plus grave dans l'histoire est le fait qu'il se soit coupé de sa communauté originelle.

Aujourd'hui malgré toute la sympathie que l'on peut avoir pour cet enfant battu par son père, cet homme qui n'a pas eu d'adolescence, ce serait faire d'une absence d'objectivité que de voir dans la déchéance de l'ex-king of the pop, un complot ourdi par des puissances occultes blanches.

Ce que j'entends dire par là c'est que les noirs ont plus que toute autre communauté aux Etats Unis été freinés dans leur émancipation économique. Seulement ce qui s'est passé dans les années 20 n'est plus d'actualité aujourd'hui.
Ou alors sous une forme plus sournoise, mais alors, il appartient à cette communauté de s'organiser pour entraver ce racisme souterrain.

Le rêve de King prend quand même forme. Car un métis peut légitimement aujourd'hui être en passe d'affronter le candidat républicain. Et cela ne sera possible que parce que les américains, au-delà de sa communauté arrive à s'identifier en lui. Preuve, il a eu un moment donné un budget de campagne plus important que celui de Mme Clinton. Les donateurs ne sont pas philantropes qui tentent de laver leur péché ségrégationniste de cette manière. En tout cas il faudrait le démontrer.

Il y a 40 ans après le meurtre du Pasteur King une situation mitigée et toujours cette même difficulté pour cette communauté à faire la part des chose sur la cause de leur condition.

@+

cesaire a dit…

Je crois que ton analyse rejoint ce que j'ai essayé d'écrire sur le cauchemard des noirs américains. La solution n'est pas aux mains de l'Etat fédéral, nous devons comprendre que c'est nous le problème et là je parle en tant que noir de la diaspora. Je suis éffaré que même les noirs américains riches qui ont tant vécu le rejet et l'humiliation reproduisent les erreurs du passé.

Cesaire a dit…

Je n'avais pas répondu à ta légitime interrogation du départ sur le fait qu'il y aurait une main noire qui s'amuserait à comploter contre les Noirs. le fait est qu'un livre de Aphrodite JONES sorti aux Etats-Unis donne la thèse d'une conspiration contre MJ. Info ou intox je ne le sais pas, je n'ai pas encore lu le livre ? Bien à toi Gongeous !

Anonyme a dit…

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