mardi, février 24, 2009

Les médias hexagonaux face à la crise en Guadeloupe

Vu de la métropole, la carte postale « Antilles » s’est donc déchirée. Les images d’Épinal de plages lagon, de cocotiers sous le soleil brûlant ont laissé place à des foules noires en colère. Ce qui explique que les journaux métropolitains ont d’abord fait la moue et accueilli le mouvement social en Guadeloupe avec des haussements d’épaules, voire des sourcillements un brin goguenards. Au début, la couverture médiatique s’est attardée sur les malheurs des touristes faisant les frais de la paralysie de l’île due à la grève. En témoigne ce titre, après 10 jours de grève, sur le site de la première chaîne française TF1 : Grève en Guadeloupe : l’industrie du tourisme bloquée. Si les malheurs des touristes retiennent l’attention, ceux des milliers de domiens font l’objet de remarques désobligeantes sur fond de rappel des conséquences financières pour l’économie de l’île. A l'image de ces titres du quotidien Figaro : Guadeloupe/grève : 100M€ de PIB perdus (13/02), Guadeloupe : la grève générale a déjà coûté 130 millions d’euros (02/02). On l’aura compris, ce qui intéresse, en premier lieu, les médias métropolitains, ce sont les malheurs du patronat local et les touristes. En revanche, gros coup d’éponge sur les raisons de la colère à savoir les prix trop élevés, les salaires trop bas sur fond de discriminations raciales.

Si les médias hexagonaux semblent au départ peu s’intéresser au sort des milliers de guadeloupéens dont 20 % vivant en dessous du seuil de pauvreté avec un taux de chômage quatre fois supérieur à celui de la Métropole, ils choisissent en revanche de se concentrer sur le cas Domota. A l'instar du quotidien du boulevard Haussmann qui le considère comme « L’homme qui veut mettre le feu à la Guadeloupe ». Ce titre choisi par le Figaro, dans son édition du 19 février, pour évoquer le combat de celui qu’on surnomme déjà là bas « le messie », ne souffre d’aucune nuance quant au traitement qui est fait par le journal de la crise qui embrase l’île depuis quatre semaines. Le combat du leader du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) tout comme son charisme ne sont pas du goût de la feuille de chou. En témoigne cette description pour le moins troublante. « (Elie Domota) est un « Syndicaliste habile ».(…). Un homme qui se proclame pacifiste, mais sa rhétorique est bien celle d'un combattant d'une cause indépendantiste qui ne veut pas dire son nom ». Etrange analyse qui évacue d’un revers de la main la véritable toile de fond du mouvement qu’incarne celui qui représente aujourd’hui l’espoir de toute une île.

Mais, le quotidien conservateur n’est pas à son premier coup d’essai dans ses insinuations qui visent à stigmatiser le syndicaliste en un vulgaire indépendantiste. Déjà dans son édition du 16 janvier, le quotidien de droite avait tenté en vain de piéger le digne héritier des « Neg marrons ». Malgré un usage éhonté des questions insidieuses des journalistes « Vous dîtes toujours « la France » comme si vous n'en faisiez pas partie. C'est votre but, de ne plus en faire partie ? , Elie Domota ne s’est pas pour autant démonté. Bien au contraire, sa maîtrise du sujet et sa fidélité aux objectifs de la lutte du collectif qu’il dirige y sont pour quelque chose. Ces insinuations du quotidien du boulevard Haussmann dissimulent mal une volonté de décrédibiliser, voire délégitimer une lutte qui jette une lumière crue sur 400 ans d’ « exploitation outrancière » d’un peuple par une minorité (les Békés) qui contrôle toute l’économie de l’île.

Si aux premières heures de la révolte, les médias hexagonaux ont préféré jouer au chat et à la souris, les jours qui ont suivi, avec le durcissement du mouvement, ont montré une volonté de couverture partagée entre mépris, déni et disqualification. A l’image de l’hebdomadaire l’Express qui parle du syndicaliste comme un « expert dans l’art de souffler le chaud et le froid ». Le black out des médias généralistes sur le mouvement social amène même le Nouvel observateur à ouvrir un débat sur ses pages : Le black-out scandaleux de la longue grève à la Guadeloupe. « L'attitude des médias dominants, vis-à-vis de l'énorme mouvement social à la Guadeloupe, n'est-elle pas un signe de discrimination coloniale ? » s’interroge l’hebdomadaire.
Si la majorité des journaux font l’impasse sur les causes du mouvement, on se contentera de quelques tentatives d’explication comme celle du journal Le Monde avec cet article de Jérôme Gautheret et Thomas Wieder intitulé « Quatre siècles d’incompréhension (19/02)». La feuille de chou multiplie aussi des articles avec une tonalité plutôt factuelle et descriptive de ce qui se passe sur l’île ( Acteurs syndicaux et associatifs sont partagés entre solidarité et inquiétude (18/02), "Depuis cette semaine, la Guadeloupe intéresse de nouveau la métropole (12 /02). Fidèle à sa tradition institutionnelle, le Journal ouvre ses pages à des spécialistes qui analysent ce soulèvement populaire inattendu à l’instar de l’analyse de Tiennot GrumbachSavine, « c’est tout un peuple qui se soulève (12 /02)». Dans le même sillage, c’est à un spécialiste que l’on doit cette analyse sur les causes profondes dans le quotidien Libération : « L’esclavage a été aboli, les départements ont été mis en place, mais personne n’a jamais touché aux règles de propriété en vigueur dans l’île. La Guadeloupe reste dans un système économique colonial et de monopole. Les plantations ont certes disparu mais les descendants des grands planteurs sont aujourd’hui à la tête des enseignes de la grande distribution ou des entreprises d’import-export. Ce qui n’est pas rien dans une île qui importe 90 % de ce qu’elle consomme. L’absence de concurrence se fait encore plus radicale aux Antilles ». En gros, précise le quotidien bobo franchouillard « la crise qui secoue la Guadeloupe tient à une économie locale bâtie sur de grands monopoles guère éloignée du vieux modèle colonial ».

Toutefois, le son de cloche de certains journaux est carrément injonctif. Guadeloupe: "Nous ferons respecter l'Etat de droit si besoin est", prévient Yves Jégo, peut-on lire sur le site du journal L’Express (15/02). Dans ce refrain médiatique hexagonal sur le coût de la grève et le désarroi des touristes, les revendications des grévistes sont reléguées au second plan : la baisse des prix de tous les produits de première nécessité et des impôts et taxes, la baisse "immédiate" de 50 centimes du prix des carburants, une augmentation salariale de 200 euros et le gel des loyers notamment ». En attendant un improbable dénouement…

mardi, février 17, 2009

A quoi ont servi les soins du French doctor aux hôpitaux malades du Congo et du Gabon ?

Dans le livre du journaliste Pierre Péan, "le monde selon K", on apprend que l'actuel ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, aurait touché des émoluments de la part des Chefs d'état congolais et gabonais pour une étude sur l'amélioration du système d'accès aux soins. Au regard de la situation plus que critique des hôpitaux dans les deux pays, on peut légitimement se demander à quoi ont réellement servi les soins du French Doctor ? L'ex-humanitaire et medecin a-t-il réellement adminisitré des soins aux hôpitaux mourants de Brazzaville et de Libreville?
Le Congo comprend un CHU, six hôpitaux généraux, 24 hôpitaux de base fonctionnels et 60 centres de santé. Malgré la retenue évidente d'un rapport commandé par le chef de l'Etat, la description des établissements ne donne pas envie de tomber malade. Au CHU, qui " devrait être le miroir de la santé au Congo ", les bâtiments sont " dans un état de délabrement avancé ", l'équipement lourd est " déficient ou peu performant ", l'équipement d'exploitation "vétuste et parfois inutilisable, les ascenseurs ne fonctionnent plus et l'absence en eau potable dans certains étages (maternité) est inacceptable, ne permettant pas les gestes élémentaires de l'hygiène". Des ordures sont stockées ici et là dans certains couloirs...

A l'hôpital Blanche Gomes, qui " devait servir de vitrine au pays en matière de santé de la mère et de l'enfant " et contribuer ainsi à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, les locaux, et plus particulièrement le bâtiment principal de quatre étages, '' sont dans un état de délabrement inimaginable (fenêtres cassées, ascenseurs en panne, absence d'eau, d'électricité...) " L'équipement est " déficient (absence d'échographie, d’oxygène, d’aspirateur, d’une seule couveuse) », tandis que les lits sont « vieux et rouillés ». L’absence de maintenance et de d’hygiène sont « visibles partout ». Pourtant, s’étonnent les rapporteurs, un financement de la BADEA et du Congo-B à hauteur de 13 millions $, a été affecté à cette structure sanitaire en 2006 pour la réhabiliter et ouvrir 100 lits supplémentaires, A peu près les mêmes constatations pour les hôpitaux de Makélékélé et de Talangaï. En revanche, les structures privées (telles que la clinique Cogemo, le centre des Brasseries du Congo et le centre médico-social évangélique de Mayangui) sont bien organisées et bien équipées. Aussi, le personnel soignant démotivé des hôpitaux d'Etat va souvent pratiquer "en complément" dans ces structures privées. Maternité Blanche GOMEZ

Pour la mise en place d'un système d'assurance maladie au Congo-B, IMEDA liste une dizaine de conditionnalités qui débutent par "la volonté politique et l'implication réelle de l'État" et se terminent par les mesures qui pourraient " redonner confiance à la population dans son système de santé ". Un an et demi après la rédaction de ce rapport et sept mois avant l'élection présidentielle de 2009, qu'est-ce qui a changé ?
Avant qu'il ne devienne le ministre français des affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner avait proposé au président Denis Sassou Nguesso la création d'une "assurance maladie" au Congo-B. C'est dans ce cadre qu'une étude sur le système de santé congolais avait été réalisée via la société IMEDA (Global Médical Alliance), dont le gérant était Eric Danon, un diplomate alors en disponibilité, actuel ambassadeur à Berne après quelques mois passés à Monaco.

Réalisé par la Dr Isabelle Stroebel et le Dr Jean-Elle Malkin, ce rapport a été avalisé en juillet 2007 par le ministère de la santé. La pauvreté "monétaire" touche plus de 50% de la population tandis que le paludisme constitue toujours la principale cause de mortalité, avec la tuberculose. D'emblée, les rapporteurs relèvent que le développement d'une assurance maladie devra "prendre en considération" que 9,5% de la population active travaillent dans le secteur public, 13,4% dans le secteur privé... et 77,1 % dans le secteur informel !


N.B.

© " La Lettre du Continent " (11/12/08). publié par Mwinda http//:www.mwinda.org. (sources)

lundi, février 16, 2009

Haïti : ils en sont réduits à manger de la boue

En ce début d'année 2009, ce sont les images terribles et effrayantes venues de la première république noire qui retiennent notre attention. Haïti, le pays de Toussaint Louverture, jette ses fils et filles dans l'enfer de la boue. Cette fois ci il n'est plus question "des tonton macoutes" ou encore de "duvaliérisme". L'enfer qui frappe nos frères haïteiens est celui de la faim, la seule chose qui leur reste à manger, c'est la terre. La honte de toute une nation, le desespoir de tout un peuple.

"Quand il n’y a rien à manger, il y a encore de la terre. Le mélange, avec un peu d’eau, du sel et de la matière grasse végétale, donne une masse boueuse lisse. Découpée en rondelle plate et séchée au soleil, elle devient une sorte de « biscuit », « pas appétissant et qui donne des maux de ventre », disent ceux qui en dégustent. Mais c’est bien le seul repas que prennent des milliers de Haïtiens trois fois par jour depuis quelques semaines. Autant dire que Haïti n’en finit pas sa descente aux enfers"


vendredi, février 13, 2009

Black Bazar : Mabanckou lave le linge nègre en public

L’autoflagellation est un sport en ce moment très prisé par les blacks de la place parisienne. Un sport qui, paraît-il, rapporte gros. Les gains peuvent aller du strapontin médiatique convoité à la renommée qu’octroient seuls les tenants de la bien-pensance hexagonale dont la vision idiosyncrasique de la France n’est plus à démontrer. Fini les terrains de foot, les pistes d’athlétisme et de danse, les rings de boxe, c’est dans le monologue de l’auto flagellation que les blacks de France, comme on les surnomme désormais au pays des droits de l’homme, s’illustrent. Un curieux retournement de l’histoire à même de remuer les cadavres de nos illustres combattants de la cause nègre depuis la nuit des temps (de Henri Sylvester à Nelson Mandela en passant par Aimé Césaire, Malcom X, Cheikh Anta Diop, Marcus Garvey, Steve Biko et j’en passe). Quelle mouche tsé tsé de la brousse africaine a pu donc piquer nos frères exilés qui semblent avoir oublier le chemin si difficile parcouru pour obtenir la problématique réhabilitation des descendants de Cham ? Les dieux leur sont-ils tombés sur la tête ? Qu’arrive t-il à la négrogeoisie parisienne ? Certains devenus bourguignons en veulent à mort au tubercule manioc, d’autres en revanche excellent dans l’autodérision ou encore l’art de la division communautaire, le sésame, paraît-il, pour intégrer les allées très sélectives du microcosme politico médiatique franchouillard.

L’heure est grave. Comme le dit l’adage Kongo, le pelage du rat de brousse est désormais cuit. Et chose curieuse, Monsieur Mabanckou, ivre sans doute de son succès (Renaudot 2006), s’est mis lui aussi à pratiquer ce sport très à la mode parmi ceux qu’il est convenu d’appeler les « bountys ». A sa façon, il nous livre dans son dernier opus au titre évocateur « black bazar », sa vision parisienne de la négraille qui a échoué au bord de la seine pour le meilleur et pour le pire. L’enfant noir de Brazzaville n’étale pas seulement le bazar, mais il en rajoute, il enfonce le clou en pratiquant, grosso modo, du black mic mac. Cette fois ci il a vraiment « cassé le verre » au nom du drapeau tricolore « bleu blanc rouge ». Tel un oiseau de mauvais augure, il dessine naïvement les contours du quotidien des enfants de Kemet dans la ville lumière à travers quelques faits marginaux et anecdotiques (la SAPE, Produits éclaircissants etc.…) d’une poignée d’irréductibles de Congo Brazza et de Kinshasa. Cette ethnologie de bas étage à la sauce hexagonale a un arrière-goût hégélien tant la responsabilité historique d’homme semble hors de portée des Nègres. Pourtant ce ne sont pas les exemples de responsabilité qui manquent dans ce quotidien fait d’humiliations incessantes, depuis les tirailleurs sénégalais aux Sans papiers, et ce malgré, les compromissions des uns et la trahison des autres.

De quoi s’agit-il au juste ? En effet, notre sociologue des pratiques africaines de Paris dresse en quelque sorte un nouveau portrait du colonisé ou du néo-colonisé. Une sorte d’exploration des aventures ambiguës des africains de la capitale gauloise au travers de la vie truculente d’un dandy originaire du Congo Brazza. Notre parisien est un amoureux des cols italiens à trois ou quatre boutons, qu’il aime ressentir autour de son cou. Sa panoplie vestimentaire se conjugue en costards cerruti 1884, veste de Gianni Versace etc. à laquelle s’ajoute des weston en croco ou en lézard, des bowen et autres chaussures anglaises etc... En gros, c’est un Sapeur car il fait partie de la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes (SAPE). Son credo pourrait se résumer ainsi « dis mois comment tu noues ta cravate je te dirais qui tu es). Sa bande d’amis (Paul du Grand Congo ou Roger le franco ivoirien etc.…) croisés au Jip’s, un nganda afro-cubain de la place, l’a surnommé « Fessologue » à cause de son obsession pour les derrières des filles. Notre immigré est ainsi capable de lire la psychologie d’une fille rien qu’en regardant les mouvements de son popotin.

Mais notre « plume d’origine contrôlée » ne s’attarde pas seulement sur l’aliénation vestimentaire de ses compatriotes. Il nous apprend aussi dans cette dernière livraison au ton ironique que les Nègres de France ne sont pas tous pareils (franchement il n’y a pas de quoi fouetter un chat). Les blancs non plus ne se ressemblent pas tous, heureusement d’ailleurs, il y a des blonds, des bruns, des roux, des racistes et même des antiracistes). Que certains africains recherchent le « teint jaune papaye » pour ressembler au maître en se décapant la peau à l’aide de produits éclaircissants (rien de nouveau sous le soleil). D’autres, en revanche, cultivent le ressentiment, à cause de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, à l’instar de Hippocrate, un antillais, voisin de pallier de notre immigré fessologue.

On est loin donc des centres de rétention avant le voyage sans retour, des hôtels insalubres qui crament nos enfants, des taudis de banlieue dans lesquels croupit cette négraille dont Monsieur Mabanckou se veut le porte parole aux yeux de ses nouveaux amis du sérail médiatico-littéraire. On est aussi loin de ces combats pour la dignité que mènent ces hommes et ces femmes venus des Antilles ou d’Afrique qui ensemble poursuivent le message de leurs illustres prédécesseurs. Monsieur Hippocrate, l’antillais du roman de Monsieur Mabanckou n’est pas représentatif de tous les antillais. Après le livre scandale de Olivier Pétré Grenouilleau, nombreux sont les africains et les descendants d’africains qui ont compris la stratégie pour diviser de l’ancien colonisateur. Le discours de Monsieur Hippocrate est aujourd’hui anecdotique, voire insignifiant au regard des combats menés par les dignes fils de Kemet. Fini de jouer au Nègre. Dignité, respect, réhabilitation, unité, sont les maîtres mots des descendants de cham, militants ou pas. L’esclavage, la colonisation, jadis sujets à caution, sont moins de pommes de discordes aujourd’hui que de mangues communes de réflexion parmi les descendants de Cham.

Il semble que Monsieur Mabanckou, dont le talent d’écriture est sans doute indéniable pour avoir obtenu le Renaudot, s’est trompé d’époque. Sans doute pressé par son éditeur. En effet, pendant les années 70-80, la réalité pouvait se confondre, à s’y méprendre, avec le décor qu’il plante du quotidien africain dans ce récit. Mais de l’eau de la Seine a bien coulé sous le pont Mirabeau depuis. La France a changé et les congolais aussi. Aujourd’hui, ces derniers dans leur immense majorité veulent « se caser », c'est-à-dire, s’intégrer dans le décor franchouillard, seule une poignée d’irréductibles continue de squatter les lieux mal famés de Château rouge, Château d’eau, pour aller y dénicher un compatriote ou quelques produits locaux que chinois et hindous vendent désormais un peu partout. De Paris à Limoges, le foufou se vend partout, le client est le même, mais le vendeur ne parle plus la même langue que lui. Le métro boulot foufou est terminé, désormais, c’est RER boulot dodo. Weston, costume Ungaro, cerruti 1884, chaussettes jacquard etc… ont rejoint les placards « éthiopiques » des HLM de banlieue. Les réveils à 4h du matin sont passés par là. L’aliénation vestimentaire ne semble désormais plus qu’être le fait d’une petite minorité.

En attendant le vote de bêtes sauvages de la place, le nouveau récit de Monsieur Mabanckou étonne les Dieux tant « l’aventure ambiguë » du fessologue est à mille lieux du quotidien aujourd’hui de l’africain de Paris. Tels des astres éteints, les amis du fessologue sont aussi des espèces en voie de disparition dans une France où l’amateurisme immigré n’est plus permis. Si « ce n’est pas trop sorcier pour un nègre de jouer au nègre », c’est carrément même suicidaire de le faire. Lois pasqua, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, tests ADN, Charters, sont devenus des fardeaux qui alourdissent le quotidien si complexe des africains. C’est une vie et demie où la volonté de s’en sortir a pris le pas sur les extravagances mondaines.



mardi, novembre 04, 2008

Un Noir à la Maison Blanche ?


Les scènes de liesse observées un peu partout aux quatre coins du monde prouvent que ce mardi 04 novembre n’est pas un jour comme les autres. Un Noir est sur le point de s’installer dans le bureau ovale, un bureau qui jusque là avait les allures d’une chambre secrète réservée exclusivement à l’élite blanche etatsunienne.

Presque plus de 50 ans après l’abolition des lois de ségrégation raciale qui obligeaient les Noirs à vivre d’un côté et les blancs de l’autre, l’Histoire vient de prendre sa revanche sur la folie d’une Nation qui a souvent considéré les descendants d’africains comme des êtres inférieurs. De l’esclave au citoyen africain-américain, l’homme noir a souvent entretenu une relation tragique et sombre avec ce pays ironiquement baptisé « pays de la liberté ». Une véritable aporie comme le prouve encore aujourd’hui l’innommable présence carcérale massive des descendants de Cham.

Que masque la victoire possible de Barak Obama ? Cette victoire pourrait d’abord traduire une profonde volonté de changement des américains usés par huit années de gouvernement Bush. Un président qui laisse une facture salée au contribuable américain : 500 milliards de déficit public et 10 000 milliards de dette sur fond d’enlisement militaire en Irak et en Afghanistan. Le bourbier irakien et afghan ainsi que les erreurs économiques du gouvernement Bush ont fini par réduire définitivement en bouillie les chances des Républicains de conserver le pouvoir.

C’est dans ce contexte marqué par l’affaiblissement du leadership américain dans le monde et l’appauvrissement des ménages américains (dont il faut rappeler qu’ils sont 42 millions sans couverture médicale) que l’africain américain Barak symbolise à la fois un espoir et une chance. Un espoir pour les Etats-Unis dans la mesure où il est question de rompre avec la politique ultraconservatrice de Bush, et une chance pour la réhabilitation du leadership etatsunien dans le monde en plein déclin. Il s’agit donc d’une tâche titanesque. Qui de Obama et de Mc Cain est mieux placé pour le job ? En tout cas aux yeux de l’opinion nationale et internationale, c’est le candidat démocrate qui apparaît comme « the right man at the right place ». Quid donc du vote des super délégués ?

Mais l’american dream à la Obama risque aussi de se transformer en cauchemar. L’arrivée d’un africain américain, bien que métis, peut réveiller les vieux fantômes qui continuent de hanter la maison de l’Oncle Sam. La question raciale en effet n’a pas encore été résolue définitivement. Bien au contraire. Nombreux sont les journaux et les networks qui ont surfé sur la différence physique du candidat démocrate, le tournant en dérision avec souvent un arrière goût racialiste. Le vote des super délégués dont on sait aussi qu’ils sont avant tout en majorité conservateurs risque de faire mentir les sondages d’opinion en faveur du candidat démocrate.

Quelle que soit l’issue du scrutin, il ne fait aucun doute que la victoire de l’un ou de l’autre ne pourra faire litière des questions fondamentales notamment la relance économique et la restauration de l’image de l’Empire américain dont le destin semble aujourd’hui proche de la chute d’Icare.

lundi, août 18, 2008

L’éternel voile de soupçon sur les exploits des sportifs noirs ?


Le nuage est gros, mais n’arrivera pas à assombrir le ciel serein couronné de Usain Bolt. Ce monsieur de 22 ans à peine qui avec son 1,96 m vient de faire voler en éclat le record olympique sur la distance mythique du 100 m. Des voix grondent ou plutôt ronchonnent ici et là, particulièrement en France où un certain Franck Chevalier vient de l’ouvrir. On aurait aimé qui la ferme celui là. Son caquet. «Ils ont des combinaisons qui font aller plus vite". (…) » a-t-il lâché comme on dépose une crotte au fond d’une cuvette. « Bolt ne nous interroge pas parce qu'on l'a vu venir. Ce qui est plus surprenant en revanche, c'est lorsqu'il y a des progressions hors normes. Quand il y a une personne, on peut dire que c'est exceptionnel, quand il y en a dix, c'est étrange". dixit le DTN de l'équipe de France d'athlétisme.
Il ne se passe pas un exploit sportif de nos jours sans qu’il soit couvert du voile de soupçon de dopage, comme si les miracles de la science avait épuisé les capacités du corps humain. Mais pas de n’importe quel corps. Celui qui depuis l’invention des « écritures saintes » continue de nourrir les pires sentiments. Les exploits d’un Michael Phelps sont tout simplement phénoménaux, le résultat d’un travail titanesque à l’image de ce que le sportif a réalisé (huit médailles en un championnat olympique pulvérisant des records mondiaux et dépassant son compatriote Mark Spitz. Dans ce cas précis, les exploits sont salués à l’aune de leur grandeur, tandis que ceux des « autres sportifs», qui plus est basanés, ils sont vus comme le résultat d’une « combinaison ». Du verbe « combiner », autrement dit magouiller. L’accusation est grave. Aussi graves que peuvent l’être les faibles performances de certaines équipes nationales pourtant aux moyens incroyablement scandaleux comparées à celles d’un pays pauvre rempli de descendants d’esclaves comme la Jamaïque.
C’est que les bambins de Kingston, depuis leur jeune âge, ne savent compter que sur leurs propres efforts dans un pays où le chômage guette un jeune sur deux. Elevés à la dure, ils sont souvent entraînés dans des conditions où la loi du plus fort reste impitoyable pour les faibles. Nonobstant, une professionnalisation accrue ces dernières années grâce au savoir faire acquis aux Etats-Unis aux sélections très dures qui ne retiennent que les meilleurs des meilleurs. Rien à voir avec l’indemnité que peut toucher un sportif de haut niveau français. Plutôt que de digresser sur les combinaisons des sportifs jamaïcains, le spécialiste français es athlétisme qui n'a jamais gagné une médaille, au demeurant, bénéficiant d'un parachute doré à la fédé, ferait mieux de se renseigner sur les conditions d’entraînement de ses homologues. Afin de comprendre pourquoi les sportifs français pourtant au capital similaire craquent pendant les grands rendez-vous à l’instar de Kristina AARON, Ronald POGNON etc.

Autant les dires de Monsieur Chevalier relèvent de l’accusation gratuite et sans fondement, autant ils témoignent de quelque chose d’inquiétant. La destruction des carrières de Marion JONES, Justine Gartlin et de bien d’autres dissimule mal les failles d’un système qui, au lieu de sanctionner les vrais coupables, s’en prend aux derniers maillons d’une chaîne à savoir les sportifs qui se laissent corrompre. C’est la raison pour laquelle les soupçons de dopage sur un sportif ne peuvent faire litière de la question fondamentale des vrais coupables. Aujourd’hui nous connaissons seulement le visage des boucs émissaires, pas de vrais salauds. C'est-à-dire, les laboratoires, les coachs, les agents de seconde main, enfin toute la chaîne humaine qui opère en douce en se faisant du fric sur la « naïveté ?» de ces héros d’un jour ? A ces héros de comprendre qu’il s’agit là que d’une stratégie bien huilée de leur destruction.

vendredi, août 01, 2008

Les Noirs, le sport et les luttes politiques



A quelques jours des JO de Pékin et au moment où le champion du monde 1998 Lilian Thuram fait ses adieux difficiles au football, il apparaît opportun de s’arrêter sur un des terrains qui a parfois permis aux luttes noires de pouvoir s’exprimer à savoir le sport. Pour mémoire, on se souviendra longtemps des prises de position du footballeur, certainement le plus courageux de sa génération, au moment de la crise des banlieues, de son bras de fer avec Nicolas Sarkozy sur la « racaille » et enfin de sa main tendue aux sans papiers de Cachan en leur offrant des billets pour le match France Italie.

Depuis le poing ganté de noir brandi par Tommie Smith et John Carlos sur le podium olympique de Jeux de Mexico en 1968 en solidarité avec les Black Panthers, le sport de haut niveau a quelque fois été investi par les sportifs noirs pour appuyer des luttes en faveur des populations noires. Mais cela prenait parfois des allures de victoires à la Pyrrhus. Smith et Carlos payèrent le prix fort pour leur action spectaculaire qui aboutit à leur exclusion du village olympique, en sus de leur suspension de l’équipe américaine sans doute revancharde. Casius Clay alias Mohamed Ali paya aussi le prix fort son engagement contre la guerre du Vietnam. Résultat : 3 années de suspension et d’interdiction de combats professionnels. Dans un autre registre moins politique certes, Jesse Owens donna du fil à retordre aux Nazis et à leur idéologie par ses victoires aux Jeux de Berlin en 1936. Il protesta également mais sans résultat contre l’éviction des athlètes juifs Sam Stoller et Marty Glickman de l’équipe américaine du 4X100 ordonnée par les autorités américaines soucieux de ne pas froisser leurs homologues allemands. Mais Roosevelt refusera de recevoir le champion à la Maison blanche. Lors des JO de Sydney l’athlète aborigène Cathy Freeman choisit de porter les deux drapeaux australiens et aborigènes, un geste exceptionnellement toléré par les instances olympiques qui interdit tout drapeau sauf les drapeaux nationaux. On n’oubliera pas Arthur Ashe dont le combat contre l’Apartheid en Afrique du sud, le soutien en faveur des réfugiés haïtiens, en fait l’un des sportifs les plus engagés de sa génération.


La confusion qui a eu lieu autour de la flemme olympique entre sportifs et politiques au printemps dernier permet de mesurer la difficulté aujourd’hui de l’alliance entre sport et engagement politique. Les grosses sommes d’argent amassées par les sportifs les a sans doute éloignés de l’engagement politique, au profit de l’engagement humanitaire. Plus gratifiant sans doute en termes de retombées…Ce qui n’exclut pas leur instrumentalisation comme cela risque d’être le cas avec les JO de Pékin où certains arboreront un badge en faveur des droits de l'homme et du Tibet.

Président africain mode d'emploi : le cas Bokassa

Ouganda : les victimes de l'acide

REPORTAGE: En Ouganda, l'acide est utilisé comme une arme facile de vengeance. Cette pratique, apparue il y a près de 30 ans en Afrique de l’Est, a pris une ampleur inégalée dans le pays.


mercredi, juillet 30, 2008

Médias afro et Dieudonné : une relation tumultueuse ?


Le site Grioo.com vient de franchir le Rubicon en se retirant "vaillamment" sous sa tente. Pour le grand bonheur ou malheur de grionautes, la feuille de chou virtuelle a décrété que « Dieudonné ne fera plus l'objet d'article sur ce site, et les réactions seront verrouillées sur les articles existants » dans un édito fleuve (28/07/08) signé Hervé Mbouguen, un des co-fondateurs du site. Une mise au point qui intervient après que l’humoriste ait fait l’objet, encore une fois, d’une campagne de presse particulièrement houleuse au sujet de l’affaire désormais célèbre du « parrain », selon laquelle, Jean Marie Lepen serait le parrain de sa fille récemment baptisée. Une « rumeur ?», une « info ? » ou une « stratégie de COM » pour son nouveau spectacle (j’ai fait l’con) » aux dires de l’intéressé ?. En tous les cas, rien ni même le sketch de l'humoriste en guise d'explication n'a pu dissiper les doutes autour du buzz. Mais celui-ci a eu l'effet d'une véritable bombe, jetant une suspicion autour de l’athéisme autoproclamé du bouffon et alimentant de surcroît les accusations d’antisémitisme.

Dans le chapelet des affaires ayant secoué l’humoriste, « l’affaire du parrain » s’apparente sans doute à la goûte de trop, « un coup de Jarnac », aux yeux de certains pour qui Dieudonné a véritablement dépassé les bornes tout en abusant en plus de leur confiance. De quelle confiance s’agit-il ? On peut supposer, parmi les multiples affaires concernant l’humoriste, de l’affaire Fogiel aux déclarations à Alger sur les commémorations de la Shoah, qu’une relative neutralité, mi-figue mi-raisin, semblait dominer leur traitement médiatique dans les rédactions afro. Des médias classiques (presse, radio) aux nouveaux médias (Site Internet, blogs), le son de cloche oscillait entre la défense ouverte et la condamnation sans appel. En 2004 le site afrikara.com, non alimenté depuis quelque temps, saluait au sujet de son spectacle au Zénith, dans un article à la limite de l’hagiographie, le « triomphe du Rire, Sommet de la Satire sociale, Quintessence de la critique des Lumières ». Avant d’ajouter « (…) notre rédaction se fait foi de soutenir encore et toujours les diverses initiatives marquées par la quête de davantage de justice, d’équité… ». Il se désolidarisera quelques années plus tard. France Ô, chaîne de la diversité, consacra par exemple, au moment de l’agression de l’humoriste en Martinique par deux jeunes israélites en mars 2005, presque un quart d’heure à l’événement dans une même édition, contrastant avec le silence médiatique assourdissant des grandes chaînes généralistes nationales qui n’avaient diffusé que quelques communiqués. Africa N° 1, à travers quelques émissions consacrées à l’enfant terrible de la scène française, avait fait entendre sa partition tout en pointant du doigt sa relation adultérine avec l’extrême droite française. Certains animateurs journalistes avaient particulièrement mouillé leur chemise à l’image de Claudia Siar officiant sur RFI, avant d’en essuyait les frais. D’autres, en revanche, avaient brillé aux abonnés absents à l’instar de Serge Bilé qui sur le plateau d’Arrêt sur image en mars 2005 s’en était désolidarisé, bien qu’il ne faille pas oublier les combats de ce grand journaliste, peut être le plus talentueux de tous. Afrik.com, fidèle à lui-même, demeura une caisse de résonance virtuelle au brouhaha médiatique des médias nationaux français. Pour Africamaat.com qu’on ne présente plus, son soutien au franco-camerounais n’a jamais souffert d’aucune nuance comme en témoigne ce chapeau « L’agression dont a été victime Dieudonné en Martinique a soulevé l’indignation de la population. Aimé Césaire, Garcin Malsa, Francis Carole (etc.), Africamaat et Dieudonné : "Même combat : le respect de la mémoire de nos ancêtres !" ». Dans la même veine, on peut citer Thotep, B world connection, Kemmiou (ex-Black de France.com), Afrostyly.com… La chaîne 3A télésud entonna aussi son refrain en taillant toutefois un costume sur mesure au pince-sans-rire de l’espace public hexagonal. Quant à Trace Tv, c’est l’une des rares chaînes a avoir invité le comique au sujet de son nouveau spectacle dans l’émission Raï connection.

Grioo.com n’est pas le premier média afro se targuant de jouer les nettoyeurs des écuries d’Augias concernant les polémiques de Monsieur Mbala Mbala. Afrikara.com dans un article en forme d’adieu en date du 20/02/2007 sur sa condamnation sur ses propos tenus en 2003 au magazine Lyon Capitale, après l’avoir ouvertement soutenu même aux heures les plus difficiles, finit par lâcher le morceau suivant : « Il demeure que l’image du vrai faux humoriste qui dit ne plus faire de politique tout en balançant à la moindre occasion des communiqués de presse, tentant de se placer en médiateur national autoproclamé sans oublier de remplir son théâtre -normal-, s’est beaucoup dégradée depuis ses récentes tribulations. Entre la Palestine, le Code noir, la position contre la loi Taubira, Le Pen, Sevran, l’Anti-diabolisation comme nouveau cri de ralliement, les premiers soutiens, des plus fervents, savent gré à Mbala Mbala de ce qu’il a pu faire -ou que l’on pourrait un peu hâtivement lui attribuer-, mais au mieux s’interrogent sur une stratégie qui fleure chaque jour davantage l’équation personnelle.
Les causes apparentes, que beaucoup plus que lui-même ont pu dédier à Mbala Mbala [qui est au moins clair sur le fait qu’il est anticommunautariste, anticommunautaire, contre les communautés], passeraient désormais pour un portefeuille opportun de cartes stratégiques permettant à l’amuseur public de se maintenir dans le champ médiatique au gré l’actualité. Avec une certaine réussite personnelle d’ailleurs. Mais à quel prix et jusqu’à quelle échéance ? ».
Le contenu de ces lignes en dit long sur une possible déception, un agacement certain devant l’éparpillement, voire l’égarement présumé du franco-camerounais. De changement brusque de posture de l’antiraciste d’hier à celle aujourd’hui de bigot à l’égard de l’ex-borgne de St Cloud. Il va de soi que cette bigoterie frontiste, pour déroutant, incompréhensible, qu’elle soit, pose moins de questions d’ordre philosophique, psychanalytique, voire métaphysique que d’ordre matérialiste pour les médias afro ?

Pour les médias afro et les journalistes, il s’agit plus d’une question de survie dans un environnement politique et intellectuel miné, voire pollué où il vaut mieux éviter les liaisons déclarées dangereuses par l’intelligentsia méditico-politique. Dans un deuxième temps, jusqu’où il est possible de soutenir les fracas, les sorties à « haut risque professionnel » d’un homme devenu tricard ? Quel est le sens de la lutte « communautaire » d’un Dieudonné face au système ? Quelle stratégie adoptée face à un homme déroutant dont la relation avec le leader frontiste désarçonne parfois le plus zélé des sympathisants ? Quelle est la finalité de tout ça ? Dans sa vie de « moine comique », Dieudo n’a-t-il pu trouver que Jean Marie LEPEN, comme seul personnage public avec qui copuler intellectuellement, politiquement et humoristiquement ? Comment l’anticommunautariste arrive t-il à supporter les éructations lepénistes puantes du style « la France aux Français » ? .

La condition noire ou la haine de soi ? Racisme anti-noir au pays de Khadafi

Exemple des immigrés sud sahariens victimes de racisme en Lybie




Exemple de migrants sud sahariens jetés dans le désert par la police marocaine

dimanche, juillet 27, 2008

La Chine, les JO et les stéréotypes du Noir



Sport et racisme font souvent bon ménage. A quelques jours de l’ouverture des Jo de Pékin, un son de cloche pas du tout drôle, nous est étrangement venu de Chine. Des propriétaires de bars auraient reçu l’ordre de ne pas servir les Noirs, bref les populations socialement indésirables, ajoutait la circulaire. Peu importe que la traductrice de cette note des autorités chinoises se soit peut être trompée sur les mots, mais le fait est que des Noirs ont été explicitement visés. Il ne s’agit pas d’autres populations, à l'exception des mongoles, mais des Noirs. Un groupe humain qui continue d’être associé à la dégénérescence raciale et humaine, dont la couleur de peau continue de susciter les pires discours et d'entretenir les pires fantasmes depuis l’époque de l’esclavage et de la traite européenne. Devant la ribambelle de sportifs noirs qui foulera le sol pékinois venue des quatre coins du monde, ironie de l’histoire, on peut se demander, si la circulaire chinoise relevait de la maladresse ou de l’expression d’un racisme profond dans l’empire du milieu ?

Si aucune littérature scientifique que nous ayons à notre disposition ne semble faire état des représentations du Noir dans la culture confucéenne, des récits de voyage de diplomates, d’étudiants, de marchands relatent une xénophobie latente des chinois à l’endroit des Noirs. Un document virtuel lu sur un site communautaire racontait par exemple le traitement que subissent les étudiants noirs africains en Chine. Longtemps perçue comme une terre hospitalière par les Africains de manière générale, du fait d’une expérience commune de lutte contre la domination coloniale et de son pragmatisme économique sur le continent africain, la Chine semble peu à peu verser dans une forme d’arrogance qui sied aux nouveaux riches. Dans un monde ultraproductiviste qui ne pardonne pas aux faibles et aux pauvres, l'ultralibéralisme qui semble avoir envahi ce pays encore sous-developpé, il y a quelques années, pousse à juger l’hôte à l’aune de son capital économique. Et dans ce tri capitaliste, c’est tout bonnement que les « Noirs » pointent aux yeux des Chinois comme « des populations socialement indésirables ». Réfugiés économiques et politiques, étudiants, à la recherche d’un eldorado, fuyant un Continent exsangue livré à la malveillance des descendants d’envahisseurs et à la médiocrité affligeante de ses dirigeants corrompus, ont transformé peu à peu l’image que jouissait le Noir dans l’imaginaire confucéen.

Plutôt que de poser la question somme toute habituelle du pourquoi de tels stéréotypes véhiculés de surcroît par les autorités chinoises, il nous semble plus pertinent de poser la question de la Chinafrique. Car, il se murmure ici et là, dans un optimisme béat et une satisfaction quasi enfantine, que le remplacement du néocolonialisme européen par la Chinafrique, aurait quelque chose de bon. Les Chinois feraient plus dans l’équité, voire l’équitable que ne le font leurs homologues européens. Bref, il est question d’affaires entre « hommes » et non entre ex-colons et ex-colonisés. Adieu la Françafrique et son paternalisme qui fait dire à Sarkozy que le paysan africain ne connaît que le temps cyclique, oubliant de souligner que la France ne rêvait que d’une relation cyclique avec l’Afrique. Celle où on se tape toujours sur les épaules entre présidents africains, on sable le champagne à la gloire des pseudos contrats à vie à l’avantage de l’ancien colon, au grand dam du paysan africain. A l’inverse, les Chinois, eux, ces anges en affaires tout vêtus de blanc, auraient inventé le pragmatisme économique. Leurre aurait dit Delphine II. Savoir-faire contre matières premières. Coup aurait rajouté la slammeuse.

La vraie question n’est pas tant les stéréotypes aujourd’hui, mais de combien pèse-t-on économiquement face à l’autre. Il y a quelques années les Chinois faisaient l’objet des mêmes railleries que les Noirs dans les récits colportés par les fonctionnaires des pays colonisateurs. Souvenons nous du mythe de la négresse, de l’orientale. Aujourd’hui, le jaune, le mongole d’hier est plus craint que raillé. Il y a fatalement un lien entre l’épanouissement économique de nos contrées et le misérabilisme des stéréotypes qui se nourrit de la réalité africaine. Loin de nous d’exclure la part importante des fantasmes entretenus sur l’Afrique et les africains, les Noirs, en général, sans lien avec la réalité. Mais il nous semble que pour imposer une nouvelle image du Continent et de ses descendants, cette étape s’avère indispensable. Aux africains d’imposer aux dirigeants sans aucune vision d’avenir, ce qu’il faut les contraindre de faire même dans le sang. La question politique du déficit d’image du Noir est aussi une question économique. Même si l’économie à elle seule ne peut défaire les plis du racisme, elle peut y contribuer en exigeant aux autres le respect qui se doit sous peine de représailles… Césaire N.

Faut-il brûler l’afrocentricité ?



Les kemitocentristes n’aiment pas beaucoup l’afrocentricité et ses disciples. Un texte du site Maatworld, http://maatworld.blog.fr/, pose froidement le scalpel sur un mouvement intellectuel qui a fait pourtant connaître les travaux du savant sénégalais Cheikh Anta Diop, bien que qu’on peut regretter le pillage intellectuel dont celui-ci a été victime par nombre de ses « pseudo » disciples. Ce texte n’est pas seulement une herméneutique de l’œuvre et l’action du plus grand intellectuel africain, il distribue aussi gentiment une volée de bois verts aux poursuivants. Vous apprécierez la verve du rédacteur qui ne laisse pas indifférent, bien que je ne souscris pas à la critique faite à l’égyptologue sénégalais pour lequel j’ai la plus grande estime et dont il faut sans cesse rappeler le combat pour la réhabilitation de l’Histoire des peuples noirs. Pour ma part, il n’est pas nécessaire, pour s’inscrire dans la continuité, de jeter le bébé avec l’eau du bain…

Le coup de pied au cul de Keny arkana au Système...


Pourquoi ils ont peur de la liberté ?



Henri Guaino persiste et signe sur l'Africain...et son exclusion de l'Histoire

Dans une tribune récente au journal Le Monde en date du 26 juillet, le Conseiller spécial de Sarkozy, a remis une couche sur le fameux discours de Dakar. « L'homme africain est entré dans l'histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier ? ». a –t-il réitéré avec une suffisance sans nom. Ce qui n’est pas un signe d’intelligence, dit l’adage africain qui veut que l’arrogance compulsive soit une caractéristique en général des sottes gens.
Plutôt que de blâmer un ignorant ou celui qui fait semblant de l’être, il convient de se demander dans quel but Monsieur Guaino persiste dans ses balivernes ? En pleine période estivale, on aurait pu s’épargner de la logorrhée puante d’un serviteur de la République française. Non, Monsieur en a jugé autrement, entretenant désormais un flou sur la crédibilité de son personnage. Est-il raciste ? Est-il fou ? Pourquoi est-il si préoccupé par le sort de ceux qui ne sont pas à ses yeux entrés dans son histoire qu’on imagine très leucoderme pour reprendre un terme très underground ?
Le silence est peut être le meilleur moyen de répondre à ce "petit plaisantin", qui plus est arrogant, dont la science infuse confond lamentablement l’Histoire et la « modernité » occidentale apparue seulement fin 16 ème siécle. Faudrait peut être commencer par lui rappeler cela, que l’Histoire ne commence pas avec la modernité occidentale et ne se confond avec elle. Heureusement. Au lieu de nous bassiner avec son "galimatias" sur qui est dans l’histoire et qui n’y est pas assez entré.

jeudi, juillet 24, 2008

Congo-Brazza : L'Ambassade de France fait son business de l'immigration




A DENONCER SANS MODERATION


L’Ambassade de France à Brazzaville vient de publier le communiqué suivant :


Ambassade de France en République du Congo COMMUNIQUÉ Prise de rendez-vous VISAS
L’ambassade de France à Brazzaville vous informe qu’à compter du 1er août 2008, l’accès au service des visas se fera exclusivement sur rendez-vous en appelant le numéro suivant : 977 77 97 À l’aide d’une carte sim MTN uniquement. La société opératrice indiquera, de manière sécurisée, la date et l’heure du rendez-vous et en informera cette ambassade en lui précisant, notamment, l’identité de la personne et son numéro de passeport. Le coût de la communication téléphonique, taxée directement par l’opérateur, est de 4000 FCFA. _Cette mesure d’externalisation des rendez-vous permettra de supprimer les files d’attentes constatées devant l’entrée du public de la section consulaire et d’assurer un meilleur accueil aux demandeurs de visa. Elle ne concerne pas les voyages officiels. Le retrait des formulaires et les informations relatives aux visas continueront d’être distribués à tout moment de la journée au guichet d’entrée, Place de la Poste.

Le contenu de ce communiqué montre qu’après les humiliations (attentes sous le soleil ou sous la pluie) sans pour autant être certain de décrocher la fameuse vignette, Monsieur l’ambassadeur de France nous prépare une nouvelle arnaque. Ces derniers années,on assiste de la part des services consulaires à des modifications tant fonctionnelles que formelles. Après l’augmentation des frais de visas qui sont passés de 25 000 fcfa à 65 000 fcfa pour le visa long séjour (nous rappelons que ces dernières années, les frais se payent en même temps que le dépot du dossier. ils ne sont pas remboursables). Imaginez le nombre de personnes qui demande cette vignette et qui ne l’ont pas.
La nouvelle disposition n’est pas mise en place pour faciliter l’accès au guichet, comme cela est dit, mais au contraire de se faire de la "thune" sur le dos de ces pauvres indigènes qui vont chercher l’El Dorado en occident.
Si un appel téléphonique, coûte 4000 fcfa la minute, il faudrait au moins 4 à 5 minute pour avoir un opérateur au bout du fil. L’addition va être très salée.Ce qui revient à une somme qui oscille entre 15 000 cfa et 20 000 fcfa pour décrocher un simple rendez-vous. Cette somme ajouté au frais de visa, représente un mois de salaire d’un fonctionnaire moyen. Que lui restera t-il pour payer son loyer ou encore nourrir sa famille ? Que fait le gouvernement Sassou devant cette arnaque ? En *France,les associations de consommateurs de sont levées pour dénoncer cette pratique dans le service public. Or, l’ambassade qui est un service public quoique qu’ayant une autre focntion, se permet de reproduire cette arnaque décriée en métrople.

Article Proposé par: ULYSSE Source congopage

Delphine II : DES COUPS...LEURRES

Au commencement était le verbe.
Du verbe est venu le Slam.
Du Slam est apparu une femme.
C’est Delphine II. Femme des mots. Des mots pour lire le monde.
Lire et dire la France telle qu'elle la vit comme une femme noire. Je vous laisse
découvrir une ovnie au pays des slammeurs. Puissant et envoûtant.



Delphine II - Des coups...Leurres
envoyé par eikichi

mardi, juillet 22, 2008

La Négrophobie, racisme de pacotille, n’intéresse pas la justice française.


Affaire Kitenge. Désormais : « Vous avez le droit de les traiter de sale noirs ». Le verdict du parquet de Créteil ne souffre pas de nuances. Selon un communiqué de l'avocat de M. Béranger, Me Mathieu Davy, rapporté par l’Afp, "la plainte pour diffamation et injures raciales déposée par M. Pierre-Damien Kitenge contre M. Gautier Béranger, ainsi que la plainte pour subornation de témoin déposée par (l'association) SOS Racisme, ont toutes deux été classées sans suite par décision du parquet de Créteil en date du jeudi 17 juillet dernier". Au bout de trois mois d'enquête.
Rappel des faits. Un banal contrôle de routine. Un employé remplissant son rôle comme il se doit. Un haut fonctionnaire du ministère de l’immigration et de l’identité nationale plus que zélé, irrité par son serviteur de couleur. Un homme noir insulté, rabaissé, diffamé, à cause de la couleur de sa peau. Morceau choisi : « vous n’avez pas le droit de me toucher sale noir… ». S’ensuit, une plainte. Au final, une justice qui lave blanc.

Pourquoi ce verdict ? Que signifie t-il aux yeux des millions de personnes stigmatisés dans ce pays à cause de leur couleur de peau assimilé à un tort irréductible ? Pourquoi cette affaire n’a pas provoqué autant d’indignation comme il est de coutume en France d’entendre des cris d’orfraie de la part des médias et des politiques lorsqu’il s’agit d’affaires similaires ? Les moralisateurs du dimanche et les donneurs de leçons ne se lèvent jamais pour des causes sans valeur ajoutée. Ce racisme bon marché, à portée de main, une camelote pour tout mortel. La haine banale, banalisée qui ne procure pas de l’adrénaline médiatico-politique. Bref, ce racisme de pacotille n’intéresse pas les puissants.

D’expérience, on sait qu’un homme noir est d’abord un noir. La justice, dont la mission première pourrait être de protéger chaque individu, indépendamment de son anatomie, enfonce le clou, qui plus est, en décernant des médailles d’or à ceux qui enfreignent la Loi. Noir tu es, noir tu resteras. La justice l’a redit noir sur blanc. Il n’y a pas de salut du sauvage dans le système conçu d’abord à la gloire du civilisateur. Aporie. Les règles sont faites pour d’abord profiter et servir à ceux qui les font. Humiliation. Le contester n’est que charabia. Persister n’est que se complaire dans la victimologie. Sous homme. De quoi noir te plains tu ? Le pays d'accueil t'a offert le gîte, le couvert et les papiers. Affabulation. Tes jérémiades n'y changeront rien. Mytho. Et rentres enfin dans ta bambolie.

dimanche, juillet 20, 2008

La bête immonde et la bête de scène invitées surprises au bal des médias hypocrites



Les grands médias et même certains sites de la communauté afro s’en sont donnés à cœur joie en diffusant une information livrée par le journal Libération selon laquelle la fille de l’humoriste franco-camerounais Dieudo aurait comme parrain JMLP (Jean Marie Lepen). Le meilleur défenseur de la laïcité aurait viré « intégriste catho » avec la bénédiction du représentant de Lucifer en terre hexagonale. On nous aurait menti ? L’athéisme autoproclamé de l’humoriste le plus diabolisé de France n’était qu’un leurre destiné à nous mener en bateau ? Du marketing humoristique destiné à nous vendre de la lessive du comique ? Canular, info ou intox ? En tout cas la vérité médiatique n’a pas eu tous les attributs de la bonne nouvelle ou des saintes écritures ?

Les médias ne se sont pas contentés de diffuser l’info, mais l’ont abondamment commenté à coup d’éditos, de chroniques et de débats fleuve sur fond d’accusation d’antisémitisme. A l’instar du débat sans contradicteurs intervenu sur la chaîne d’info en continu I-Télé entre un journaliste visiblement aux ordres et un certain bonimenteur du nom de Claude Askolovitch.

En spectateur averti, je me suis gardé de ne pas crier avec les loups. J’ai voulu moi-même relever des choses dans ce brouhaha médiatique qui me semblaient incohérentes tant elles avaient les apparences d’une diabolisation orchestrée.

Si l’on considère que le but de cette médiatisation était de montrer le côté sombre, obscur de l’humoriste à travers cette alliance jugée contre nature entre l’antiraciste d'hier et le raciste de toujours, il y a lieu de penser que les médias enfonçaient des portes déjà ouvertes. Pour ce qui n’est plus qu’un fantasme éculé, un secret de polichinelle. A plusieurs reprises, l’humoriste n’a pas hésité à s’afficher avec la bête noire de la politique française. Voyage avec Madame Lepen au Cameroun chez les pygmées, apparition à la fête BBR, et puis son amitié avec un certain Alain Soral etc. On pourrait en remettre une couche en supposant qu’il est peut être même sur écoute, au regard de sa dangerosité. En ce sens que le camerounais menacerait le pacte républicain d’un « pays enlisée » dans les eaux boueuses du communautarisme dont il serait à lui tout seul le principal coupable. Alors de quoi s’offusquent nos médias hexagonaux ? Qu’y a t-il de si nouveau dans cette union sacrée de la bête noire de la politique française et de la « bête de scène » de l’humour hexagonal.

Qui plus est, JMLP est un personnage régulièrement invité dans les médias par les mêmes journalistes qui aujourd’hui jouent les vierges effarouchés. De TF1 à Canal+, en passant par France 5, les grandes chaînes de télévision hexagonale ont longtemps affiché leur dévolu sur l’ex-borgne breton, certains font même dans la sympathie, la camaraderie etc. Il y a lieu de penser que ce festival de baisers à l’endroit du diable continue dans les coulisses et les cénacles parisiens où magouilles et compagnie ont lieu sans que les hypocrites de la place crient aux liaisons dangereuses. Mais pourquoi diable, lorsqu’il s’agit de mbala mbala, ça se bouscule au portillon médiatique ?

Au fond qu’est ce qui est plus grave dans une démocratie ? Entre les représentants de l’Etat et des médiateurs de la société qui fréquentent en catimini celui qu’on présente comme le symbole du mal démocratique et de l’autre les gesticulations d’un amuseur de la galerie ?

Finalement, ce type d’emballement médiatique ne fait rajouter à la suspicion qui pèse sur les médias en général à savoir qu’ils seraient contrôlés et ne diffuseraient les informations que de manière partiale et partielle au nom des intérêts de certains groupes, sélectionnant leurs experts sans contradicteurs dans un débat qui mériterait tout de même un peu de nuance.
Soit il s’agit d’une compagne de déstabilisation, soit les journalistes ne savent plus faire leur métier quitte à diffamer une personne parce que soupçonnée, suspectée, des pires intentions du monde.

Que fait la Chine en Afrique ?

Le dessous des cartes nous livre la réalité de ce nouveau colonialisme du 3ème millénaire :