dimanche, juin 07, 2009

Le vieux Omar de la France à Fric a cassé sa pipe


Il n’y aura pas d’article sur le décès d’un des symboles les plus pittoresques de la françafrique, cette mafia qui règne au dessus des états, profitant à une oligarchie et ayant bâti son pouvoir sur le crime et la violation des droits humains des Africains, le tout orchestré sur fond d’un ballet diplomatique de blanchiment d’argent.Le silence est parfois préférable face à la bêtise humaine.

Ce qu’il faut noter dans le chant du cygne de ce roi tropical qui aura fait la pluie et le beau temps des relations France-africaines, c’est qu’il avait choisi de passer de vie à trépas non pas dans le pays qui l’a longtemps soutenu en signe de reconnaissance à sa fidélité au dogme françafricain, mais dans un autre l’Espagne. Un sacré pied de nez peut être à sa bande de maffiosos qui le savait peut être mourant et qui n’a pas hésité à lui coller au cul une enquête sur les biens amassés pendant 41 ans de règne. Voulait-il mourir en rebelle de la Françafrique ? En tous les cas, le vieux comme le surnommait les intimes du cercle de malfrats, était capable du pire et du ridicule comme l’éviction de Jean marie Bockel à la tête de la coopération africaine. Mourir en Espagne plutôt qu’en France était peut être sa façon à lui de dire symboliquement « merde » à un système inique dont il a su tirer des milliards de dollars, mais aussi de la légitimité pour son règne sans partage.

Pour autant, le sort d’un million de Gabonais n’est pas réglé. Dans un premier temps, les luttes pour le pouvoir vont d’abord accaparé les officiels gabonais, même si le vieux avait plus ou moins préparé sa succession en nommant ses rejetons à des postes clefs (Ali Bongo, défense ; Pascaline Bongo, affaires étrangères et épouse du premier ministre). Le scénario à la eyadéma ou encore à la kabila est peut être le plus probable au regard des intérêts françafricains en jeu.

mercredi, juin 03, 2009

Hommage au Professor Ivan Van Sertima


Le Negropolitan rend hommage au combattant de la lutte nègre que fut le Pr Ivan Van Sertima décédé le 25 mai 2009. L’auteur de They came before Colombus s’en est allé laissant derrière lui une immense œuvre sur l’histoire et la culture du monde nègre. Rest in Peace.

Nathaly Coualy ou tout sur mon père dans un éclectique show créole

Nathalie Coualy pour ceux qui ne la connaissent pas est une jolie métisse originaire de la Guadeloupe. Elle a fait un peu de télé, un peu de comédie, un peu de mannequinnat. Elle se produit en ce moment dans un one man show au théâtre côté court dans le 11e arrondissement parisien. Malgré son physique de princesse de îles, Nathaly est toujours célibataire. Pour une « chabine », cela peut surprendre. Et vous allez comprendre pourquoi ?

Enfant, Nathaly, fille de dentiste, a été marqué par son père antillais. Un brin autoritaire, limite macho au caractère ultramarin bien trempé, l’image de cet homme aux bistouris pèse comme une chape de plomb sur Notre Bridget Jones des îles. Du coup la jolie célibataire en veut un peu à son père. Elle qui a toujours eu un faible pour l’homme antillais. Sauf que ce n’est pas réciproque. Alors elle se cherche, repoussant à chaque rencontre l’instant de la vie à deux. Chaque rencontre sera donc l’occasion de tailler un portrait sur mesure des hommes en général et de l’antillais en particulier. Leurs travers passent au peigne fin, plutôt soigneusement au scalpel. Comme pour venger son coquin de père, elle retourne le bistouri contre lui et la gente dont il est l’incarnation. En n'épargnant rien au passage. Entre l’homme antillais faisant le coq sur la piste de danse et le « blaireau » qui s’adonne au cunnilingus, la galerie de portraits donne à voir l’homme dans tous ses états. N’hésitant pas à les faire venir sur la scène pour exécuter des pas de Zouk, Nathaly prend un malin plaisir à rire de l’homme.

Punchy, dynamique, Nathaly revisite son environnement d’enfance sur fond d’anecdotes et de vannes qui ne manquent pas de piquant. Cela peut faire clichés par endroits, mais c’est sans méchanceté. On ne s’ennuie pas. Bien au contraire. Varié, dense, le spectacle s’impose comme un buffet à volonté haut en couleurs. A déguster sans modération. Il n’y a pas de plat de consistance, mais des clins d’œil aux particularismes des îles à travers la figure du mâle antillais.

dimanche, mai 31, 2009

Les Noirs sont-ils des Français à part entière ?

A l'occasion de la sortie du livre du président du CRAN, Patrick Lozes, co-écrit avec Bernard Lecherbonnier, Les Noirs sont-ils des Français à part entière ?aux éditions Larousse, une conférence de presse s’est tenu au Club Millenium en date du 29 mai 2009, à l’initiative du CAPDIV (cercle d’action pour la diversité). Animé par le journaliste Paul Heutching, cette conférence était l’occasion pour le président du Cran de revenir sur son cheval de bataille à savoir la lutte contre les discriminations qui touchent les populations noires de France.

Les deux auteurs s’exprimaient en présence d’un parterre de fidèles dont Doudou Diene qui fut le rapporteur spécial de l’Onu sur les discriminations raciales. Devant un public clairsemé, Monsieur Patrick Lozes, devenu depuis quelques années le joker symbolique auprès des pouvoirs publics sur la question noire, a réaffirmé ses priorités notamment la mise en place d’outils statistiques sur ce que le personnel politique et médiatique appelle la diversité. Cachons nous derrière des euphémismes pour noyer encore le poisson. En tout cas, de l’avis du principal intéressé, à savoir Monsieur Lozes, le terme ethnique, qu’il a fini par ranger au placard avait tendance à hérisser le poil de quelques gaulois étriqués attachés soi disant à la forteresse « République ». C’est vrai, sur les termes de substitution, il faut avouer que la France est devenue le champion toutes catégories du politiquement correct à l’envers. Où est la francité dans tout ça ? Pour peu que de hordes sauvages qui plus est, des ethnies noires, ne viennent l’assiéger.

L’intéressé s’en est amusé au cours de ce débat, bien que la pertinence de son discours avait tendance un peu à justifier les statistiques comme l’unique moyen d’urgence pour rattraper le retard français en matière des discriminations ethno-raciales. C’est vrai que depuis que Harry et Audrey sont présentateurs de journaux, les discriminations ont presque disparu à coup de baguette magique sur le petit écran. Oh douce France, les blessures de ma peau, c’est déjà fini ?

Par le biais d’anecdotes concoctés au cours de ses périples dans les hautes instances de l’Etat pour demander combien de Noirs elles en comptaient, Patrick Lozes, a réussi par un tour de passe de passe, à faire passer sa pilule anti-discrimination, en posant cette question : devant l’urgence on fait quoi ? Les officiels français ignorant le problème et se drapant derrière un pseudo-cartésianisme (ah bon c’est vrai que ça existe ?). D’où cette idée chère à notre Lozes de mesurer les têtes de nègres dans le paysage institutionnel gaulois. Mais au fait le jour où tout le paysage sera émaillé de quelques têtes de nègres la question sera donc résolue ? Tant mieux, si c’est du quantitatif qu’il nous faut, le qualitatif viendra avec le temps. Espérons que le pire n’est pas à venir.

L’infatigable negrogaulois s’est même fondu d’une lapalissade « je ne veux pas qu’on m’aime, je veux qu’on me respecte ». C’est dit. Sauf qu’aujourd’hui les « intégristes républicains » n’ont trouvé mieux que de lui dire « Monsieur bamboula, vous faites du communautarisme et vous allez tuer la République de France ». C’était un peu le sens de la question de Monsieur Doudou Diene qui dans l’assistance s’étonnait de constater que depuis que ces questions ont été mises sur la place publique, la « République » sert désormais d’argument de choc aux « protecteurs » de la dite République. Evacuant d’un revers de main, les questions de mémoire et d’histoire, pourtant capitales, les intéressés ont botté en touche en renvoyant la fin des stéréotypes aux calendes grecques. Ceci dit ils n’ont pas tort. Mais les Nègres pour qu’ils deviennent de vrais Gaulois à part entière, ne faudrait-il pas commencer par là ?

mercredi, mai 27, 2009

Slam dit avec Delphine II à l’Inside Bar

19h50. C’est l’heure à laquelle j’arrive à l’Inside Bar. La peau du lieu m’interpelle, car le Pub est reconnaissable à sa devanture très tendance qui tranche avec les façades voisines. Il n’y a pas grand monde. Depuis l’entrée, j’aperçois une silhouette que je reconnais. C’est Delphine II, une femme debout. Devant le bar, elle échange quelques mots avec un ami d’enfance, serveur dans cet endroit chaleureux au décor tamisé sur fond de mûrs rouges foncés. Je suis un peu impressionné. C’est la première fois que je la vois. Je l’imaginais plutôt menue, mais c’est un beau brun de fille que je découvre ornée d’une coupe afro tendance. Je fonce sur ma muse du jour. Elle semble ne pas être disponible. Elle s’active sur les préparatifs. Entre plateaux de bonbons et paquets de jus d’orange, elle s’arrête tout de même. Les présentations sont faites, elle me confond avec un certain blogueur bien connu de la place. Je rectifie le tir avant d’embrayer sur les questions d’usage. Entre temps, les blagues fusent entre elle et sa complice du jour sur fond de pied de grue. Et le temps passe et je m’impatiente.

Petit à petit, l’espace de l’Inside Bar se remplit. Look plutôt de jeun’s, les convives ont l’air de tous se connaître. On devine certains slammeurs à l’allure nonchalante, la tête dans les nuages. Ensuite vient le temps de la performance. C’est la maîtresse des cérémonies elle-même qui ouvre le bal. En digne héritière de Kemet, Delphine II demande à son assistance d’observer une minute de silence pour l’enterrement du fils d’un proche pour ne pas le nommer. (Paix à son âme). Après cette prière, c’est une fièvre qui envahit soudain la salle aux allures de « mbogui » (lieu de la palabre en Afrique). Perchée en haut de la scène improvisée, Delphine II envoûte son auditoire. Elle dédie son premier slam au conservateur de l’Île de Gorée Boubacar Joseph Ndiaye décédé en février. Ces mots en hommage au goréen nous embarquent dans ce lieu emblématique de la souffrance noire d’où elle revenue transformée.

Le ton est donné. Ensuite c’est autour de Layone, un jeune venu du rap, de nous ensorceler à travers un dépliage de l’alphabet façon Gilles Deleuze aux dires d’un spectateur visiblement emballé. Sauf que cette fois-ci il est question de l’insoutenable condition de l’humain. Tour à tour l’abcdaire prend l’allure d’un décryptage des maux de l’homme, de A comme Arme, en passant par H de l’hopital etc. Confinant la performance verbale à un déshabillage des lettres de leur contenant pour en faire ressortir le signifié tabou, interdit. Au fil de la déclamation, le dire slam devient subitement performatif. Tels de jets de sort transformant le corps de la cible. A l’instar de ce slam qu’il dédie aux personnes handicapées. Touchant et plein d’humanité. Pourquoi nous avons ce regard condescendant envers eux ? se demande-t-il.

C’est à ce moment précis qu’un autre slammeur nommé Sadrak vient enfoncer le clou, transportant son public dans les méandres de sa réflexion philosophique sur sa propre expérience d’homme. Une voix de velours, coupe rasta, ce slammeur est à lui seul tout un programme. Un vrai conteur dans l’âme. Mais il aime jouer avec les mots dont la trame narrative repose sur un questionnement personnel mais toujours dans le désir profond de bousculer les « allants de soi ». Parfois comique, son slam dit est assorti d’onomatopées empruntées aux langues africaines (zoungoulou, zoungoulou) à l’instar de « Je viens de la brousse ». En écho à ce chant de la brousse, le slammeur Grand Nico donnera la réplique en répondant à la question que lui posait une de ses conquêtes dans une vie antérieure « Mais qui tu es ? ». Plutôt une définition de l’ « identité de soi », l’intéressé répondra en substance que « je suis ce que je suis au moment où je suis ».

Il est bientôt 23h, la soirée arrive à son terme. Entre temps, d’autres figures se sont exprimées. A l’image de ce jeune garçon, une dizaine d’années seulement, et déjà une carrure de slammeur. En voyant ainsi les aînés, il dit qu’il n’a plus honte de le faire devant ses copains de classe. L’amour comme la maladie sont déclamés, le tout dans une ambiance bon enfant. Le rendez-vous est déjà pris pour le dernier mardi du mois de juin.


mardi, mai 26, 2009

Une étude génétique révèle la diversité et les origines des populations africaines


En analysant les différences génétiques entre plus de 3 000 individus répartis à travers l'Afrique et venant d'autres parties du monde, des chercheurs ont pu montrer comment les populations africaines actuelles avaient évolué à partir de 14 groupes humains ancestraux.

Le résultat de leur recherche dévoile une énorme diversité génétique sur tout le continent et pose aussi les bases pour de futures études pouvant aboutir à des avancées médicales importantes en Afrique et à une meilleure compréhension de l'histoire évolutive de l'Homme et de ses origines modernes en Afrique. Sarah Tishkoff et une équipe de chercheurs américains, africains et européens ont étudié les variations génétiques parmi 121 populations africaines, quatre américaines d'origine africaine et 60 non africaines en partant de l'ADN fourni par des volontaires et en comparant la séquence de leur génome pour différents marqueurs génétiques.

Les chercheurs ont trouvé un mélange élevé d'ancêtres variés pour la plupart des populations qui reflète leurs déplacements historiques sur le continent et décrivent dans leur étude les voies essentielles de migration et les relations évolutives clé. En général, le tableau fourni par les données génétiques correspond bien avec ce que les chercheurs ont pu reconstituer en se fondant sur les types culturaux et linguistiques. Il en ressort que des populations de chasseurs-cueilleurs de régions variées, notamment les pygmées et les San dont la langue comporte des clics ainsi que d'autres populations d'Afrique de l'Est s'exprimant également avec des clics, ont des ancêtres communs. Les américains d'origine africaine sont principalement issus des populations nigérokordofaniennes de l'Afrique de l'Ouest (71 pour cent) ainsi qu'européennes (13 pour cent) et d'autres régions d'Afrique (8 pour cent).

Cette étude apporte non seulement une information attendue depuis longtemps sur l'histoire évolutive des Africains et des Américains d'origine africaine mais aussi des bases pour de nombreux autres axes de recherche. Elle pourrait par exemple aider les épidémiologistes génétiques à identifier les populations les plus informatives pour réaliser des « études de cas témoins » qui visent à déterminer les facteurs génétiques de risque pour certaines maladies. ...

Nota béné :
Si faire des recherches est une bonne chose, ce qui pose souvent problème avec ce genre d'étude c'est l'exploitation idéologique des résultats à des fins racistes.

lundi, mai 25, 2009

France Ô : être noir aux Etats-Unis

Diffusé le mercredi 27 mai à 20H35
Réalisé par : Richard Karz

Que reste-t-il du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis ? A l'occasion d'une soirée de gala organisée au Musée national de l'histoire et de la culture noire américaine de Smithsonian, des personnalités américaines engagées telles que Deborah Roberts, journaliste à ABC, Ice Cube, rappeur, Andrew Young, ancien maire d'Atlanta et Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat des Etats-Unis, témoignent.

Ils ne pensent qu'à ça : marionette congolaise en action

jeudi, mai 21, 2009

Le Professeur Théophile Obenga a-t-il pété les plombs ?

Dans sa livraison du 05 mai 2009, la Semaine Africaine, un des plus anciens hebdomadaires d’Afrique, étalait un portrait pour le moins étrange de l’homme fort du Congo signé, tenez vous bien, par un des disciples les plus en vue de Cheikh Anta Diop, le Professeur Théophile Obenga. Le Président Denis Sassou Nguesso : un nouvel épithalame pour le Congo. C’est le titre de ce billet qui se voulait un hommage à l’homme et à l’action du dictateur président. C’est peut être le plus pharaonique, dithyrambique des portraits jamais conçu dans les colonnes d’un journal du Continent en l’honneur d’un dictateur au pouvoir, par une des figures majeures de l’afro-conscience. Le conférencier de la « conscience noire » le plus écouté des salles parisiennes est-il devenu fou ? Comment expliquer un tel revirement de la part d’un homme qui jusqu’à présent n’a cessé de prêcher la Maât, un concept très prisé par les afrocentristes, qui n’est autre que le principe de l'équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice ? A mille lieux donc du modèle président de notre Professeur ?

Alors qu’une magistrate française, Françoise Desset, vient de juger recevable une plainte de l’Organisation non gouvernementale Transparency International France, en ordonnant une information judiciaire sur les propriétés, comptes bancaires et limousines détenus par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) et leurs proches, le plus respecté des pèlerins de la conscience noire vient subitement de se détourner du chemin qui l’a lui-même balisé en trente ans de carrière pour les jeunes générations. L’afrocentriste serait-il devenu un « affreux centriste » de la cause des présidents dictateurs ? L’éclaireur de conscience a-t-il définitivement éteint sa bougie de réhabilitation de l’homme noir ? En tout cas, l’hagiographie, qu’il vient de pondre pour Denis Nguesso dans la feuille de chou brazzavilloise, demeurera dans les annales du « reniement de soi », un modèle affligeant de conte-vérité. Son feu compagnon de route, l’éminent Cheikh Anta Diop doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe. Au grand dam de tous ceux qui ont cru à la bonne parole du professeur, celui là même qui écrivait récemment dans une contre-offensive antisarkozienne dans l’Afrique répond à Sarkozy, ces mots d’un réalisme visionnaire : « Quand un peuple, une nation, un Etat perd partiellement ou totalement sa mémoire culturelle, son sens historique, la conscience de sa civilisation, alors il perd, non moins dramatiquement, le sens du devoir dans l’histoire de l’humanité ». (…) L’espoir africain ne peut provenir que des Africains eux-mêmes, de leur sueur, de leur travail. Cet espoir africain confère le sens du devoir, lequel augmente le sens de responsabilité au vu des intérêts africains majeurs, vitaux. Il n’y a pas de civilisation sans devoir ni responsabilité ». Comble de l’ironie, sa muse de président est celui là même qui a érigé au cœur de la capitale de la France libre pendant l’occupation un somptueux monument de 10 milliards de FCFA (15 millions d’euros) à la gloire du colon Savorgnan de Brazza. Avec ce dithyrambe, on saisit peut être mieux les explications du phénomène colonial du Professeur.

Quelle mouche tsé tsé a donc piqué le docteur en linguistique ? Est-ce un retour aux sources tribales, à cette cuvette congolaise d’où il vient, qui le conduit à se comporter de la sorte? Les liens tribaux sont-ils plus forts que la Maât ? Il est vrai qu’Obenga est mbochi comme son président, tous les deux sont issus des régions du Nord du Congo-Brazzaville, cette proximité tribale peut-elle expliquer ce revirement qui s’apparente à un véritable coup de Jarnac ? En tout cas, sa plume n’y est pas allée de main morte comparant l’actuel dignitaire à un « twéré » comme il l’explique lui-même « un mot de l’idiome mbochi qui signifie tout à la fois sage, pondéré, attentif, méticuleux, réfléchi, serein et endurant ».

Après avoir savamment annoncé la couleur de son épithalame à la gloire du dictateur, le professeur enfonce le clou dans ce panégyrique digne du temps de Mobotu : « sa personnalité (en parlant de Sassou) est aussi faite de méthode rigoureuse, de détermination sinon de volontarisme. Il apparaît froid sévère, imperturbable et même imperméable. Cependant l’homme est profondément sensible, plein de compassion, généreux, affable, tendre et affectueux. Il sait pardonner, récompenser ou sanctionner avec clairvoyance et justice. Il relativise le mal qu’on lui fait, car il s’estime responsable numéro un du pays, et il ne doit que faire prévaloir l’intérêt général. (…)Comprenons. Quand la dite « bêtise humaine » manifeste « becs et crocs » avec une aveugle intransigeance, Sassou Nguesso, lui montre au contraire, au grand jour, l’ « intelligence humaine. (…) La position du twéré est historiquement la meilleure et la seule avantageuse pour le Congo ». Mais ce numéro de courtisan de l’intellectuel afrocentriste à la cour du dictateur ne s’arrête pas là.

Après l’avoir érigé en modèle de la Maât, il le pare ensuite d’oripeaux de sauveur en pleine crise économique à l’approche du scrutin présidentiel de juillet dont on sait d’avance que les dés sont pipés : « Les êtres humains vivent leur vie. La paix, la confiance en soi- ce que les philosophes appellent la « certitude de soi» et l’espoir sont des valeurs qui ne passent pas. Elles amènent le changement, mais elles ne s’altèrent point. Pour juillet 2009, tous les candidats à ce qu’il me semble sont, expérimentés, valables, dévoués, compétents et patriotes. Mais il y a ersatz et ersatz. Ainsi toute élection surtout une élection présidentielle requiert pondération, jugement et choix motivé. La ré-élection du Président Denis sassou Nguesso surtout en ces temps durs dans le monde entier serait encore le meilleur choix. Un magnifique nouvel épithalame pour le Congo ». Le tout emballé dans un discours sophiste, ronflant de termes savants pour le commun des mortels. A l’en croire, Sassou, c’est presque la manifestation du divin au Congo. Il y a de quoi suffoquer d’indignation au regard des trois millions et demi de congolais plongés dans le chaos indicible de la prédation des richesses nationales au profit d’un clan, d’une famille dont le train de vie dans les capitales occidentales laisse coi.

Il est vrai qu’en regardant le parcours, du modèle-président de notre Professeur, après 25 années passées à la tête du Congo (1979 à 2009, en excluant l’intermède de 5 ans de Lissouba de 1992 à 1997)), le sens du devoir et de responsabilité a été amplement au rendez-vous. Avec un taux de chômage des jeunes avoisinant les 80 %, presque tous les diplômés sortant du système scolaire congolais sont de chômeurs déguisés (occupant une activité informelle de survie, de débrouillardise) : ils sont chauffeurs de taxi, mécanicien, docker, crieurs de foula foula, vendeurs de babioles, parfois pasteurs dans les nouvelles églises. Alors que la capitale Brazzavilloise est l’une des mieux loties en Afrique en cours d’eau et sources, l’eau courante est quasiment un produit rare voire de luxe. Les congolais ne se lavent qu’à raison de deux jours par semaine dans un pays où les températures avoisinent les 40° C. Il serait trop long d’égrener cette liste de petites choses que recommande le bon sens avant d’évoquer celui du devoir ou de la responsabilité.

Lien http.www.lasemaineafricaine.com

mercredi, mai 20, 2009

L’image ne soigne pas les maux d’un Continent


Du 13 au 24 mai 2009 se tient le festival de Cannes, on peut noter une fois de plus la présence anecdotique du continent africain dans ce haut lieu du cinéma mondial. En effet un cinéaste seulement a eu la chance de représenter le Continent noir, à savoir le cinéaste malien Souleymane Cissé et son long-métrage Min-Yé – sélectionné hors-compétition parmi les six films en séances spéciales.


Marginalisé presque partout où se discutent les affaires du monde (du G20 à Cannes), le Continent noir semble se conforter dans son rôle de lanterne rouge dans tous les domaines, y compris celui de l’image, dans le paysage mondial. Expliquée par les désordres étatiques dus pour une large part aux pratiques de prédations des élites dirigeantes sur les richesses nationales, auxquels s’ajoutent les guerres fratricides et les putschs alimentaires des pseudo opposants aguerris à la politique du ventre, cette situation plonge dans lé désarroi une société civile africaine immature, totalement anesthésiée en quête de lendemains meilleurs.

Devant ce cul de sac auquel est acculé de gré ou de force les fils de Kemet, des voix s’élèvent pour réclamer à cor et à cri une présence du Continent noir dans les festivals de l’image. Encore de la pleurnicherie diront les plus pessimistes d’entre nous. Cette critique pour facile qu’elle paraisse interpelle à plus d’un titre, dans la mesure où l’image omniprésente, dans un monde entré depuis dans la vidéopshère, est devenue un paramètre symbolique de définition essentiel des sociétés modernes. Du coup on peut poser cette question sans doute légitime, quelle est la fonction sociale et politique de l’image d’un Continent dans ce type de manifestation mondiale ? Certains pourront toujours dire que c’est une façon de faire entendre sa voix. D’autres ajouteront que le savoir faire des artistes du Continent se doit aussi être connu. Mais c’est aussi se voiler la face.

La présence furtive du cinéma africain dans les écrans mondiaux est à l’image du Continent, malgré le talent et la diversité des artistes. La quête d’une présence sur les écrans mondiaux doit précéder cette réflexion : avons-nous les moyens de produire des images qui reflètent notre propre créativité et qui ne sois pas soumis à des injonctions extérieures ? Si aujourd’hui, certains artistes bénéficient de la générosité de la France, on peut se poser la question de leur autonomie et de leur liberté ? Des images oui. Pourquoi faire ? A quel dessein ? L’aide du ministère français des affaires étrangères aux artistes du sud est encore l’autre versant de la recolonisation des esprits. Finalement c’est difficile de s’en sortir sans l’ancien maître.

mardi, mai 19, 2009

Ségolène Royal demande de nouveau "Pardon pour l'esclavage et la colonisation"

Elle persiste et signe. Dans un discours d'ouverture d'une "soirée de réflexion" sur l'"avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle", l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a lancé : "Pardon, merci, s'il vous plaît." Elle a, dans la foulée, précisé les termes de cette formule. "Pardon pour l'esclavage et la colonisation, merci pour tout ce que l'Afrique a apporté à l'Histoire et pour sa participation à la libération de la France et, s'il vous plaît, construisons ensemble notre avenir commun", a demandé la présidente de Poitou-Charentes, évoquant des mots "simples" et "évidents".

Déjà, il y a un mois et demi presque, alors qu’elle se trouvait en visite à Dakar, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle avait défrayé la chronique en demandant pardon aux africains pour les propos tenus par Nicolas Sarkozy prononcés en juillet 2007 au Sénégal. Lesquels propos sont restés en travers de la gorge de nombre d’intellectuels du Continent qui ont d’ailleurs vigoureusement répondu à ce qu’ils ont considéré comme des insultes à l’endroit de l’histoire et de la mémoire de tout un peuple.

A contre courant des idées reçues de la classe politique française sur le continent noir, Ségolène a rappelé l’intérêt stratégique de l’Afrique par ces mots : « "Soit l'Europe reste ce qu'elle est, atteinte par une crise de confiance, tentée par le repli sur soi, dépassée par les nations émergentes plus dynamiques, et alors, elle se met sur la voie du déclin ; soit l'Europe transforme les ébranlements, les basculements de notre époque pour construire, grâce à un désir d'avenir, une nouvelle harmonie humaine. (...) Il nous faut imaginer (cette nouvelle harmonie) dans un monde dans lequel l'hégémonie occidentale n'est plus."

En tout cas, d’ores et déjà, sans pour autant caresser Mme Royal dans le sens du poil, il convient de noter que la ligne politique françafricaine qu’elle semble défendre se démarque nettement de celle de son principal opposant l’actuel président de la République française. Bien évidemment le respect dû aux africains commencera d’abord par soigner les plaies du passé dont il faut de chaque côté tirer les leçons et assumer la responsabilité.

mercredi, avril 15, 2009

Plus belle la vie ou « poubelle » la vie des immigrés


"On est vraiment rien sans elle

Qu'on soit noir ou blanc
Si on tend la main pour elle
La vie est plus belle"


C’est avec de beaux sentiments sur la diversité que l’on produit de la stigmatisation de l’Autre. A l'image du refrain suscité débordant de xenophilie mais dénué de sens dans la réalité. Et c'est un épisode de ce feuilleton très regardé ,Plus belle la vie, diffusé le 08 avril, qui nous met la puce à l'oreille. Il mettait en scène un stagiaire nommé Dialo venu remplacer la jeune recrue NASRI qui a remis sa démission au commissariat du Mistral. Mais Dialo n’est pas un employé comme les autres. Il vient de Paris et arbore tout le temps un sourire niais. Le gentil noir en gros. En plus il préfère les bureaux plutôt que le terrain. Donc un bon fainéant. Le brigadier Boher censé l’accompagner dans ses nouvelles missions ne lui plaît pas non plus. Le pestiféré va donc retourner à ses chères études. En 2009, l’image du Noir est toujours malmenée en France dans les feuilletons télévisés qui plus est, sont diffusés en prime time. La faute aux scénaristes en mal d’inspiration ? A la réalité de la police nationale ? Au manque de comédiens noirs capables d’endosser de vrais rôles ? humm laissez moi en douter...

Soit ils sont invisibles, soit ils sont visibles mais à quel prix ? Les comédiens noirs campent souvent de rôles caricaturaux dans les films hexagonaux. Le constat ne date pas d’aujourd’hui, mais il semble même s’empirer. Ceci malgré que les appels de phare à la diversité se font légion.

Depuis le début de ce feuilleton, plusieurs personnages de couleur ont fait leur apparition disparaissant ensuite comme des éclaires le temps de deux ou trois épisodes. Sans papiers, jeune de banlieue, couple mixte etc…sont les rôles campés par les comédiens noirs. Rien donc de nouveau sous le soleil du Mistral qui a fait la part belle aux français bon teint dont la vie plus belle est agrémentée de petits malheurs du quotidien et des histoires à l’eau de rose. Un vaste programme qui réunit chaque jour de millions de téléspectateurs de tout âge. Affaire à suivre…

Question : pourquoi les producteurs et scénaristes hexagonaux se sentent -ils obligés d'intégrer des personnages de couleur alors qu'ils peuvent royalement se passer d'eux ?. Si c'est pour se justifier auprès du CSA, ils ont les moyens de contourner la loi au lieu de nous servir des images révoltantes de Ya bon. Affaire à suivre...

lundi, avril 06, 2009

G 20 : Rhétorique du mensonge et refrain pathétique de l’aide aux pays pauvres


Petit rappel. Récemment la crise en Guadeloupe a réveillé les vieux démons en Sarkozie. Certains journalistes nostalgiques nourris au biberon de la « France éternelle » y sont allés de leur couplet, accusant les Antillais d’êtres des « assistés de la république ». Souvenez-vous de cette tirade ronflante d’un éditorialiste bien connu de la place parisienne :

« Ici est l'autre vérité que les Antilles, et presque tout l'Outre-Mer, doivent regarder en face : l'assistanat y est moins dénoncé que l'exploitation ; les délices de Capoue des aides publiques ne soulèvent que peu de critiques... Quand leurs concitoyens du lointain ont besoin d'aide, les contribuables de l'Hexagone ferment rarement leur porte-monnaie. Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l'antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu'il faut labourer la terre arable pour qu'elle lève d'autres moissons que celle du songe et que, hors de la France, les Antilles seraient au mieux une usine à touristes américains, au pire un paradis fiscal rongé par la mafia, ou un Haïti bis ravagé par des "tontons macoutes" moins débonnaires qu'Yves Jégo... »

L’exemple guadeloupéen est là pour nous rappeler les fausses opinions qui sont régulièrement déversées dans les colonnes des journaux européens. Un flot ininterrompu de mensonges et de clichés destinés à doper encore plus le sentiment de supériorité et la bonne conscience des Pays du Nord. C’est dans cette optique qu’il faut intégrer les récentes « mesurettes » du G 20 à l’endroit des pays les plus pauvres. Chanson bien connue qui ne fait danser que le citoyen inconscient du Nord, mais provoque l’hilarité du paysan du sud.

En effet, dans sa déclaration finale, le G20 a promis de tripler les réserves du Fonds monétaire international (FMI) qui vont passer de 250 à 750 milliards de dollars, avec l’objectif soi-disant de venir en aide aux pays les plus pauvres. Au total près de 1000 milliards seront injectés dans l’économie mondiale. Une bonne nouvelle diront certains écervelés, une gigantesque plaisanterie pour d’autres qui ont appris à lire entre les lignes de ces annonces tonitruantes de l’aide aux pays pauvres. C’est à se demander à quoi jouent les occidentaux ? De qui se moquent-ils ? Pourquoi ont-ils besoin de jouer aux bons samaritains au moment où ils sont eux mêmes incapables de résoudre le chômage dans leurs pays respectifs sur fond d’un creusement des inégalités, d’un doublement voire triplement du nombre des plus démunis ? La précarité gagne l’Europe, naguère puissante et orgueilleuse. L’Espagne connaît son plus fort taux de chômage, l’Angleterre fait face à une inquiétante poussée de xénophobie, la France connaît une augmentation du nombre de précaires et de repas servis dans les associations caritatives, l’Allemagne en situation de récession…

On le sait depuis belle lurette, l’aide aux pays en développement ne sert qu’à les endetter. C’est un instrument efficace de contrôle des économies des pays faibles afin de les maintenir sous l’eau le temps d’une noyage par asphyxie orchestrée délibérément via les institutions monétaires internationales (FMI, Banque mondiale…).

Alors que des millions d’européens sont en attente des lendemains meilleurs, désordre financier mondial oblige, il se trouve encore quelques illuminés au G 20 à imaginer l’aide aux pays en développement.

En réalité ces annonces poursuivent plusieurs objectifs. D’abord elles sont rassurantes pour les vulgarisateurs eux-mêmes. Puissant galvanisateur de consciences, ces bonnes intentions permettent de faire croire aux opinions publiques occidentales du bien fondé des interventions des pays puissants dans les pays faibles. Faire croire qu’il y a « plus malheureux que vous » permet de lénifier les révoltes potentielles des peuples. C’est l’une des trouvailles des démocraties occidentales que d’avoir inventé « la communication sédative » consistant à endormir le peuple via des messages de bonne conscience. Le bourreau soudain pris d’une poussée de générosité, c’est du jamais vu à part dans les Contes de fées de Walt Dysney.

La communication sur la générosité des pays soi-disant riches est aussi un moyen de justifier le bien fondé de ces réunions inutiles et méprisantes au regard de leurs coûts. Cet étalage de signes extérieurs de puissance a besoin d’une bonne dose de bons sentiments pour exister dans un monde qui abhorre de plus en plus le « monétarisme capitaliste ».

L’aide aux pays les plus pauvres, si aide il y a, c’est aussi la récompense des pays les plus dociles, ceux qui collaborent à l’ordre établi par les puissants. En général c’est la rançon des petits dictateurs qui sévissent dans ces dits pays dont l’activité principale consiste d’ailleurs faire entrer leur pays dans la liste des pays les plus pauvres pour pouvoir bénéficier de cette générosité à double tranchant. L’argent des matières premières servant à autre chose à renflouer les comptes bien garnis basés dans les paradis fiscaux ou encore dans l’enfer fiscal des pays cautions au régime.

mardi, mars 17, 2009

La honte des falsificateurs de l'Histoire de l'Egypte pharaonique


Cléopâtre, du sang africain dans les veines

Source : 20 minutes.fr

ARCHEOLOGIE - Des chercheurs pensent avoir découvert le squelette de sa sœur...

Son nez a fait fantasmer des générations d’historiens. Il pourrait bien ne pas avoir été aussi «grec» que le veut la légende. Selon le documentaire de la BBC «Cléopâtre: Portrait d'une meurtrière», qui sera diffusé le 23 mars, des analyses ont prouvé que les restes retrouvés dans une tombe en Turquie étaient ceux de sa sœur Arsinoé. D’après les scientifiques, ce squelette aurait des caractéristiques africaines.

«Le fait qu'Arsinoé avait une mère africaine est réellement sensationnel et jette une nouvelle lumière sur la famille de Cléopâtre», s'est félicité Hilke Thuer, de l'Académie autrichienne des sciences, qui a conduit l'équipe de chercheurs.

Peu de traces

La reine d'Egypte Cléopâtre VII était surnommée «la Grecque» du fait de son appartenance à la dynastie ptolémaïque d'origine macédonienne. Née vers 69 avant J.C., elle descend de la dynastie macédonienne des Lagides, issue du général Ptolémée. Lors du partage de l'empire d'Alexandre le Grand, Ptolémée est devenu roi d’Egypte et le pays a vu s'épanouir la civilisation hellénistique sur les bords du Nil.

La reine, au pouvoir en Egypte de 51 à 30 avant J.C., est donc généralement considérée comme ayant des origines européennes et non africaines.

Si les historiens en sont réduits aux spéculations, c’est que les principaux indices sur l'apparence du visage de la reine sont sur des pièces de monnaie. Malheureusement, le royaume étant plutôt fauché à l’époque, il ne s’agit pas d’or, et il est difficile de différencier Cléopâtre de Marc-Antoine.

Ti JOJO au pays des tomates multicolores ou la "diversité" expliquée aux tout petits, Par Birgit PAPE-THOMA


Dans un monde qui a érigé l’altérité en menace irréductible, voici un livre pour les tout petits qui rompt avec l’étalage souvent condescendant de beaux sentiments sur la diversité du monde. L’auteure, une allemande, Birgit Pape-Thoma, a voulu, à travers le symbole d’un fruit bien connu, la tomate, expliquer la « différence », qui fait encore l’objet à notre époque, de nombre de fantasmes et autres discours de régression. Dans cet opuscule joliment illustré par Yannick Robert, on plonge dans l’univers de Ti Jojo, un petit garçon tomate pas comme les autres qui vit au pays des tomates rouges. Lui est jaune. Du fait de sa couleur, il est l’objet de railleries de la part de ses petits camarades qui ne l’acceptent pas comme tel. Notre héros de la diversité est donc malheureux. L’exclusion, le rejet reste une terrible expérience pour lui, malgré le réconfort de ses parents. Il va donc remuer ciel et terre pour échapper à son monde qui a érigé le « binarisme dichotomisant », « Nous et les Autres », en règle de vie.

Dans sa traversée du désert, Ti Jojo fait la connaissance de Grigri, un chat qui ne lui veut que du bien. Il sera le sauveur du jeune fugueur. Avec lui, notre tomate jaune va découvrir un autre monde plus bigarré, plus joyeux. Pluriel et donc plus tolérant rempli de tomates de toutes les couleurs. Tigrella, Basinga, Russy et Pinky, les nouveaux amis, tout aussi colorés que Ti Jojo, vont ainsi l’aider à mieux assumer sa singularité et à ne plus se sentir seul…

La simplicité du récit ne doit pas faire perdre de vue la toile de fond de ce premier ouvrage pour enfant de la journaliste allemande. Celui-ci se veut, en tous les cas, une véritable hymne à la tolérance dont on sait qu’elle passe d’abord par la connaissance de l’autre. Et Dieu sait, combien l’ignorance, et pas seulement du petit enfant est un danger pour l’humanité, la voie idéale pour ériger des frontières et des barrières entre les hommes.

Le mérite de Pape-Thoma est celui de se servir d’un aliment comme la tomate comme métaphore de la diversité. Foin des théories lénifiantes et soporifiques sur la pluralité du monde, mais juste un fruit comme apôtre de l’unicité diverse de l’Humanité. Elle avoue elle-même avoir mis en exergue cette trouvaille à destination des tout petits en s’inspirant du potager de son mari. De l’alimentation à la « diversité », il n’y a qu’un pas.

Ti JOJO au pays des tomates multicolores est publié aux Editions Monde Global avec le soutien de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé).

mardi, février 24, 2009

Les médias hexagonaux face à la crise en Guadeloupe

Vu de la métropole, la carte postale « Antilles » s’est donc déchirée. Les images d’Épinal de plages lagon, de cocotiers sous le soleil brûlant ont laissé place à des foules noires en colère. Ce qui explique que les journaux métropolitains ont d’abord fait la moue et accueilli le mouvement social en Guadeloupe avec des haussements d’épaules, voire des sourcillements un brin goguenards. Au début, la couverture médiatique s’est attardée sur les malheurs des touristes faisant les frais de la paralysie de l’île due à la grève. En témoigne ce titre, après 10 jours de grève, sur le site de la première chaîne française TF1 : Grève en Guadeloupe : l’industrie du tourisme bloquée. Si les malheurs des touristes retiennent l’attention, ceux des milliers de domiens font l’objet de remarques désobligeantes sur fond de rappel des conséquences financières pour l’économie de l’île. A l'image de ces titres du quotidien Figaro : Guadeloupe/grève : 100M€ de PIB perdus (13/02), Guadeloupe : la grève générale a déjà coûté 130 millions d’euros (02/02). On l’aura compris, ce qui intéresse, en premier lieu, les médias métropolitains, ce sont les malheurs du patronat local et les touristes. En revanche, gros coup d’éponge sur les raisons de la colère à savoir les prix trop élevés, les salaires trop bas sur fond de discriminations raciales.

Si les médias hexagonaux semblent au départ peu s’intéresser au sort des milliers de guadeloupéens dont 20 % vivant en dessous du seuil de pauvreté avec un taux de chômage quatre fois supérieur à celui de la Métropole, ils choisissent en revanche de se concentrer sur le cas Domota. A l'instar du quotidien du boulevard Haussmann qui le considère comme « L’homme qui veut mettre le feu à la Guadeloupe ». Ce titre choisi par le Figaro, dans son édition du 19 février, pour évoquer le combat de celui qu’on surnomme déjà là bas « le messie », ne souffre d’aucune nuance quant au traitement qui est fait par le journal de la crise qui embrase l’île depuis quatre semaines. Le combat du leader du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) tout comme son charisme ne sont pas du goût de la feuille de chou. En témoigne cette description pour le moins troublante. « (Elie Domota) est un « Syndicaliste habile ».(…). Un homme qui se proclame pacifiste, mais sa rhétorique est bien celle d'un combattant d'une cause indépendantiste qui ne veut pas dire son nom ». Etrange analyse qui évacue d’un revers de la main la véritable toile de fond du mouvement qu’incarne celui qui représente aujourd’hui l’espoir de toute une île.

Mais, le quotidien conservateur n’est pas à son premier coup d’essai dans ses insinuations qui visent à stigmatiser le syndicaliste en un vulgaire indépendantiste. Déjà dans son édition du 16 janvier, le quotidien de droite avait tenté en vain de piéger le digne héritier des « Neg marrons ». Malgré un usage éhonté des questions insidieuses des journalistes « Vous dîtes toujours « la France » comme si vous n'en faisiez pas partie. C'est votre but, de ne plus en faire partie ? , Elie Domota ne s’est pas pour autant démonté. Bien au contraire, sa maîtrise du sujet et sa fidélité aux objectifs de la lutte du collectif qu’il dirige y sont pour quelque chose. Ces insinuations du quotidien du boulevard Haussmann dissimulent mal une volonté de décrédibiliser, voire délégitimer une lutte qui jette une lumière crue sur 400 ans d’ « exploitation outrancière » d’un peuple par une minorité (les Békés) qui contrôle toute l’économie de l’île.

Si aux premières heures de la révolte, les médias hexagonaux ont préféré jouer au chat et à la souris, les jours qui ont suivi, avec le durcissement du mouvement, ont montré une volonté de couverture partagée entre mépris, déni et disqualification. A l’image de l’hebdomadaire l’Express qui parle du syndicaliste comme un « expert dans l’art de souffler le chaud et le froid ». Le black out des médias généralistes sur le mouvement social amène même le Nouvel observateur à ouvrir un débat sur ses pages : Le black-out scandaleux de la longue grève à la Guadeloupe. « L'attitude des médias dominants, vis-à-vis de l'énorme mouvement social à la Guadeloupe, n'est-elle pas un signe de discrimination coloniale ? » s’interroge l’hebdomadaire.
Si la majorité des journaux font l’impasse sur les causes du mouvement, on se contentera de quelques tentatives d’explication comme celle du journal Le Monde avec cet article de Jérôme Gautheret et Thomas Wieder intitulé « Quatre siècles d’incompréhension (19/02)». La feuille de chou multiplie aussi des articles avec une tonalité plutôt factuelle et descriptive de ce qui se passe sur l’île ( Acteurs syndicaux et associatifs sont partagés entre solidarité et inquiétude (18/02), "Depuis cette semaine, la Guadeloupe intéresse de nouveau la métropole (12 /02). Fidèle à sa tradition institutionnelle, le Journal ouvre ses pages à des spécialistes qui analysent ce soulèvement populaire inattendu à l’instar de l’analyse de Tiennot GrumbachSavine, « c’est tout un peuple qui se soulève (12 /02)». Dans le même sillage, c’est à un spécialiste que l’on doit cette analyse sur les causes profondes dans le quotidien Libération : « L’esclavage a été aboli, les départements ont été mis en place, mais personne n’a jamais touché aux règles de propriété en vigueur dans l’île. La Guadeloupe reste dans un système économique colonial et de monopole. Les plantations ont certes disparu mais les descendants des grands planteurs sont aujourd’hui à la tête des enseignes de la grande distribution ou des entreprises d’import-export. Ce qui n’est pas rien dans une île qui importe 90 % de ce qu’elle consomme. L’absence de concurrence se fait encore plus radicale aux Antilles ». En gros, précise le quotidien bobo franchouillard « la crise qui secoue la Guadeloupe tient à une économie locale bâtie sur de grands monopoles guère éloignée du vieux modèle colonial ».

Toutefois, le son de cloche de certains journaux est carrément injonctif. Guadeloupe: "Nous ferons respecter l'Etat de droit si besoin est", prévient Yves Jégo, peut-on lire sur le site du journal L’Express (15/02). Dans ce refrain médiatique hexagonal sur le coût de la grève et le désarroi des touristes, les revendications des grévistes sont reléguées au second plan : la baisse des prix de tous les produits de première nécessité et des impôts et taxes, la baisse "immédiate" de 50 centimes du prix des carburants, une augmentation salariale de 200 euros et le gel des loyers notamment ». En attendant un improbable dénouement…

mardi, février 17, 2009

A quoi ont servi les soins du French doctor aux hôpitaux malades du Congo et du Gabon ?

Dans le livre du journaliste Pierre Péan, "le monde selon K", on apprend que l'actuel ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, aurait touché des émoluments de la part des Chefs d'état congolais et gabonais pour une étude sur l'amélioration du système d'accès aux soins. Au regard de la situation plus que critique des hôpitaux dans les deux pays, on peut légitimement se demander à quoi ont réellement servi les soins du French Doctor ? L'ex-humanitaire et medecin a-t-il réellement adminisitré des soins aux hôpitaux mourants de Brazzaville et de Libreville?
Le Congo comprend un CHU, six hôpitaux généraux, 24 hôpitaux de base fonctionnels et 60 centres de santé. Malgré la retenue évidente d'un rapport commandé par le chef de l'Etat, la description des établissements ne donne pas envie de tomber malade. Au CHU, qui " devrait être le miroir de la santé au Congo ", les bâtiments sont " dans un état de délabrement avancé ", l'équipement lourd est " déficient ou peu performant ", l'équipement d'exploitation "vétuste et parfois inutilisable, les ascenseurs ne fonctionnent plus et l'absence en eau potable dans certains étages (maternité) est inacceptable, ne permettant pas les gestes élémentaires de l'hygiène". Des ordures sont stockées ici et là dans certains couloirs...

A l'hôpital Blanche Gomes, qui " devait servir de vitrine au pays en matière de santé de la mère et de l'enfant " et contribuer ainsi à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, les locaux, et plus particulièrement le bâtiment principal de quatre étages, '' sont dans un état de délabrement inimaginable (fenêtres cassées, ascenseurs en panne, absence d'eau, d'électricité...) " L'équipement est " déficient (absence d'échographie, d’oxygène, d’aspirateur, d’une seule couveuse) », tandis que les lits sont « vieux et rouillés ». L’absence de maintenance et de d’hygiène sont « visibles partout ». Pourtant, s’étonnent les rapporteurs, un financement de la BADEA et du Congo-B à hauteur de 13 millions $, a été affecté à cette structure sanitaire en 2006 pour la réhabiliter et ouvrir 100 lits supplémentaires, A peu près les mêmes constatations pour les hôpitaux de Makélékélé et de Talangaï. En revanche, les structures privées (telles que la clinique Cogemo, le centre des Brasseries du Congo et le centre médico-social évangélique de Mayangui) sont bien organisées et bien équipées. Aussi, le personnel soignant démotivé des hôpitaux d'Etat va souvent pratiquer "en complément" dans ces structures privées. Maternité Blanche GOMEZ

Pour la mise en place d'un système d'assurance maladie au Congo-B, IMEDA liste une dizaine de conditionnalités qui débutent par "la volonté politique et l'implication réelle de l'État" et se terminent par les mesures qui pourraient " redonner confiance à la population dans son système de santé ". Un an et demi après la rédaction de ce rapport et sept mois avant l'élection présidentielle de 2009, qu'est-ce qui a changé ?
Avant qu'il ne devienne le ministre français des affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner avait proposé au président Denis Sassou Nguesso la création d'une "assurance maladie" au Congo-B. C'est dans ce cadre qu'une étude sur le système de santé congolais avait été réalisée via la société IMEDA (Global Médical Alliance), dont le gérant était Eric Danon, un diplomate alors en disponibilité, actuel ambassadeur à Berne après quelques mois passés à Monaco.

Réalisé par la Dr Isabelle Stroebel et le Dr Jean-Elle Malkin, ce rapport a été avalisé en juillet 2007 par le ministère de la santé. La pauvreté "monétaire" touche plus de 50% de la population tandis que le paludisme constitue toujours la principale cause de mortalité, avec la tuberculose. D'emblée, les rapporteurs relèvent que le développement d'une assurance maladie devra "prendre en considération" que 9,5% de la population active travaillent dans le secteur public, 13,4% dans le secteur privé... et 77,1 % dans le secteur informel !


N.B.

© " La Lettre du Continent " (11/12/08). publié par Mwinda http//:www.mwinda.org. (sources)

lundi, février 16, 2009

Haïti : ils en sont réduits à manger de la boue

En ce début d'année 2009, ce sont les images terribles et effrayantes venues de la première république noire qui retiennent notre attention. Haïti, le pays de Toussaint Louverture, jette ses fils et filles dans l'enfer de la boue. Cette fois ci il n'est plus question "des tonton macoutes" ou encore de "duvaliérisme". L'enfer qui frappe nos frères haïteiens est celui de la faim, la seule chose qui leur reste à manger, c'est la terre. La honte de toute une nation, le desespoir de tout un peuple.

"Quand il n’y a rien à manger, il y a encore de la terre. Le mélange, avec un peu d’eau, du sel et de la matière grasse végétale, donne une masse boueuse lisse. Découpée en rondelle plate et séchée au soleil, elle devient une sorte de « biscuit », « pas appétissant et qui donne des maux de ventre », disent ceux qui en dégustent. Mais c’est bien le seul repas que prennent des milliers de Haïtiens trois fois par jour depuis quelques semaines. Autant dire que Haïti n’en finit pas sa descente aux enfers"


vendredi, février 13, 2009

Black Bazar : Mabanckou lave le linge nègre en public

L’autoflagellation est un sport en ce moment très prisé par les blacks de la place parisienne. Un sport qui, paraît-il, rapporte gros. Les gains peuvent aller du strapontin médiatique convoité à la renommée qu’octroient seuls les tenants de la bien-pensance hexagonale dont la vision idiosyncrasique de la France n’est plus à démontrer. Fini les terrains de foot, les pistes d’athlétisme et de danse, les rings de boxe, c’est dans le monologue de l’auto flagellation que les blacks de France, comme on les surnomme désormais au pays des droits de l’homme, s’illustrent. Un curieux retournement de l’histoire à même de remuer les cadavres de nos illustres combattants de la cause nègre depuis la nuit des temps (de Henri Sylvester à Nelson Mandela en passant par Aimé Césaire, Malcom X, Cheikh Anta Diop, Marcus Garvey, Steve Biko et j’en passe). Quelle mouche tsé tsé de la brousse africaine a pu donc piquer nos frères exilés qui semblent avoir oublier le chemin si difficile parcouru pour obtenir la problématique réhabilitation des descendants de Cham ? Les dieux leur sont-ils tombés sur la tête ? Qu’arrive t-il à la négrogeoisie parisienne ? Certains devenus bourguignons en veulent à mort au tubercule manioc, d’autres en revanche excellent dans l’autodérision ou encore l’art de la division communautaire, le sésame, paraît-il, pour intégrer les allées très sélectives du microcosme politico médiatique franchouillard.

L’heure est grave. Comme le dit l’adage Kongo, le pelage du rat de brousse est désormais cuit. Et chose curieuse, Monsieur Mabanckou, ivre sans doute de son succès (Renaudot 2006), s’est mis lui aussi à pratiquer ce sport très à la mode parmi ceux qu’il est convenu d’appeler les « bountys ». A sa façon, il nous livre dans son dernier opus au titre évocateur « black bazar », sa vision parisienne de la négraille qui a échoué au bord de la seine pour le meilleur et pour le pire. L’enfant noir de Brazzaville n’étale pas seulement le bazar, mais il en rajoute, il enfonce le clou en pratiquant, grosso modo, du black mic mac. Cette fois ci il a vraiment « cassé le verre » au nom du drapeau tricolore « bleu blanc rouge ». Tel un oiseau de mauvais augure, il dessine naïvement les contours du quotidien des enfants de Kemet dans la ville lumière à travers quelques faits marginaux et anecdotiques (la SAPE, Produits éclaircissants etc.…) d’une poignée d’irréductibles de Congo Brazza et de Kinshasa. Cette ethnologie de bas étage à la sauce hexagonale a un arrière-goût hégélien tant la responsabilité historique d’homme semble hors de portée des Nègres. Pourtant ce ne sont pas les exemples de responsabilité qui manquent dans ce quotidien fait d’humiliations incessantes, depuis les tirailleurs sénégalais aux Sans papiers, et ce malgré, les compromissions des uns et la trahison des autres.

De quoi s’agit-il au juste ? En effet, notre sociologue des pratiques africaines de Paris dresse en quelque sorte un nouveau portrait du colonisé ou du néo-colonisé. Une sorte d’exploration des aventures ambiguës des africains de la capitale gauloise au travers de la vie truculente d’un dandy originaire du Congo Brazza. Notre parisien est un amoureux des cols italiens à trois ou quatre boutons, qu’il aime ressentir autour de son cou. Sa panoplie vestimentaire se conjugue en costards cerruti 1884, veste de Gianni Versace etc. à laquelle s’ajoute des weston en croco ou en lézard, des bowen et autres chaussures anglaises etc... En gros, c’est un Sapeur car il fait partie de la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes (SAPE). Son credo pourrait se résumer ainsi « dis mois comment tu noues ta cravate je te dirais qui tu es). Sa bande d’amis (Paul du Grand Congo ou Roger le franco ivoirien etc.…) croisés au Jip’s, un nganda afro-cubain de la place, l’a surnommé « Fessologue » à cause de son obsession pour les derrières des filles. Notre immigré est ainsi capable de lire la psychologie d’une fille rien qu’en regardant les mouvements de son popotin.

Mais notre « plume d’origine contrôlée » ne s’attarde pas seulement sur l’aliénation vestimentaire de ses compatriotes. Il nous apprend aussi dans cette dernière livraison au ton ironique que les Nègres de France ne sont pas tous pareils (franchement il n’y a pas de quoi fouetter un chat). Les blancs non plus ne se ressemblent pas tous, heureusement d’ailleurs, il y a des blonds, des bruns, des roux, des racistes et même des antiracistes). Que certains africains recherchent le « teint jaune papaye » pour ressembler au maître en se décapant la peau à l’aide de produits éclaircissants (rien de nouveau sous le soleil). D’autres, en revanche, cultivent le ressentiment, à cause de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, à l’instar de Hippocrate, un antillais, voisin de pallier de notre immigré fessologue.

On est loin donc des centres de rétention avant le voyage sans retour, des hôtels insalubres qui crament nos enfants, des taudis de banlieue dans lesquels croupit cette négraille dont Monsieur Mabanckou se veut le porte parole aux yeux de ses nouveaux amis du sérail médiatico-littéraire. On est aussi loin de ces combats pour la dignité que mènent ces hommes et ces femmes venus des Antilles ou d’Afrique qui ensemble poursuivent le message de leurs illustres prédécesseurs. Monsieur Hippocrate, l’antillais du roman de Monsieur Mabanckou n’est pas représentatif de tous les antillais. Après le livre scandale de Olivier Pétré Grenouilleau, nombreux sont les africains et les descendants d’africains qui ont compris la stratégie pour diviser de l’ancien colonisateur. Le discours de Monsieur Hippocrate est aujourd’hui anecdotique, voire insignifiant au regard des combats menés par les dignes fils de Kemet. Fini de jouer au Nègre. Dignité, respect, réhabilitation, unité, sont les maîtres mots des descendants de cham, militants ou pas. L’esclavage, la colonisation, jadis sujets à caution, sont moins de pommes de discordes aujourd’hui que de mangues communes de réflexion parmi les descendants de Cham.

Il semble que Monsieur Mabanckou, dont le talent d’écriture est sans doute indéniable pour avoir obtenu le Renaudot, s’est trompé d’époque. Sans doute pressé par son éditeur. En effet, pendant les années 70-80, la réalité pouvait se confondre, à s’y méprendre, avec le décor qu’il plante du quotidien africain dans ce récit. Mais de l’eau de la Seine a bien coulé sous le pont Mirabeau depuis. La France a changé et les congolais aussi. Aujourd’hui, ces derniers dans leur immense majorité veulent « se caser », c'est-à-dire, s’intégrer dans le décor franchouillard, seule une poignée d’irréductibles continue de squatter les lieux mal famés de Château rouge, Château d’eau, pour aller y dénicher un compatriote ou quelques produits locaux que chinois et hindous vendent désormais un peu partout. De Paris à Limoges, le foufou se vend partout, le client est le même, mais le vendeur ne parle plus la même langue que lui. Le métro boulot foufou est terminé, désormais, c’est RER boulot dodo. Weston, costume Ungaro, cerruti 1884, chaussettes jacquard etc… ont rejoint les placards « éthiopiques » des HLM de banlieue. Les réveils à 4h du matin sont passés par là. L’aliénation vestimentaire ne semble désormais plus qu’être le fait d’une petite minorité.

En attendant le vote de bêtes sauvages de la place, le nouveau récit de Monsieur Mabanckou étonne les Dieux tant « l’aventure ambiguë » du fessologue est à mille lieux du quotidien aujourd’hui de l’africain de Paris. Tels des astres éteints, les amis du fessologue sont aussi des espèces en voie de disparition dans une France où l’amateurisme immigré n’est plus permis. Si « ce n’est pas trop sorcier pour un nègre de jouer au nègre », c’est carrément même suicidaire de le faire. Lois pasqua, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, tests ADN, Charters, sont devenus des fardeaux qui alourdissent le quotidien si complexe des africains. C’est une vie et demie où la volonté de s’en sortir a pris le pas sur les extravagances mondaines.



mardi, novembre 04, 2008

Un Noir à la Maison Blanche ?


Les scènes de liesse observées un peu partout aux quatre coins du monde prouvent que ce mardi 04 novembre n’est pas un jour comme les autres. Un Noir est sur le point de s’installer dans le bureau ovale, un bureau qui jusque là avait les allures d’une chambre secrète réservée exclusivement à l’élite blanche etatsunienne.

Presque plus de 50 ans après l’abolition des lois de ségrégation raciale qui obligeaient les Noirs à vivre d’un côté et les blancs de l’autre, l’Histoire vient de prendre sa revanche sur la folie d’une Nation qui a souvent considéré les descendants d’africains comme des êtres inférieurs. De l’esclave au citoyen africain-américain, l’homme noir a souvent entretenu une relation tragique et sombre avec ce pays ironiquement baptisé « pays de la liberté ». Une véritable aporie comme le prouve encore aujourd’hui l’innommable présence carcérale massive des descendants de Cham.

Que masque la victoire possible de Barak Obama ? Cette victoire pourrait d’abord traduire une profonde volonté de changement des américains usés par huit années de gouvernement Bush. Un président qui laisse une facture salée au contribuable américain : 500 milliards de déficit public et 10 000 milliards de dette sur fond d’enlisement militaire en Irak et en Afghanistan. Le bourbier irakien et afghan ainsi que les erreurs économiques du gouvernement Bush ont fini par réduire définitivement en bouillie les chances des Républicains de conserver le pouvoir.

C’est dans ce contexte marqué par l’affaiblissement du leadership américain dans le monde et l’appauvrissement des ménages américains (dont il faut rappeler qu’ils sont 42 millions sans couverture médicale) que l’africain américain Barak symbolise à la fois un espoir et une chance. Un espoir pour les Etats-Unis dans la mesure où il est question de rompre avec la politique ultraconservatrice de Bush, et une chance pour la réhabilitation du leadership etatsunien dans le monde en plein déclin. Il s’agit donc d’une tâche titanesque. Qui de Obama et de Mc Cain est mieux placé pour le job ? En tout cas aux yeux de l’opinion nationale et internationale, c’est le candidat démocrate qui apparaît comme « the right man at the right place ». Quid donc du vote des super délégués ?

Mais l’american dream à la Obama risque aussi de se transformer en cauchemar. L’arrivée d’un africain américain, bien que métis, peut réveiller les vieux fantômes qui continuent de hanter la maison de l’Oncle Sam. La question raciale en effet n’a pas encore été résolue définitivement. Bien au contraire. Nombreux sont les journaux et les networks qui ont surfé sur la différence physique du candidat démocrate, le tournant en dérision avec souvent un arrière goût racialiste. Le vote des super délégués dont on sait aussi qu’ils sont avant tout en majorité conservateurs risque de faire mentir les sondages d’opinion en faveur du candidat démocrate.

Quelle que soit l’issue du scrutin, il ne fait aucun doute que la victoire de l’un ou de l’autre ne pourra faire litière des questions fondamentales notamment la relance économique et la restauration de l’image de l’Empire américain dont le destin semble aujourd’hui proche de la chute d’Icare.

lundi, août 18, 2008

L’éternel voile de soupçon sur les exploits des sportifs noirs ?


Le nuage est gros, mais n’arrivera pas à assombrir le ciel serein couronné de Usain Bolt. Ce monsieur de 22 ans à peine qui avec son 1,96 m vient de faire voler en éclat le record olympique sur la distance mythique du 100 m. Des voix grondent ou plutôt ronchonnent ici et là, particulièrement en France où un certain Franck Chevalier vient de l’ouvrir. On aurait aimé qui la ferme celui là. Son caquet. «Ils ont des combinaisons qui font aller plus vite". (…) » a-t-il lâché comme on dépose une crotte au fond d’une cuvette. « Bolt ne nous interroge pas parce qu'on l'a vu venir. Ce qui est plus surprenant en revanche, c'est lorsqu'il y a des progressions hors normes. Quand il y a une personne, on peut dire que c'est exceptionnel, quand il y en a dix, c'est étrange". dixit le DTN de l'équipe de France d'athlétisme.
Il ne se passe pas un exploit sportif de nos jours sans qu’il soit couvert du voile de soupçon de dopage, comme si les miracles de la science avait épuisé les capacités du corps humain. Mais pas de n’importe quel corps. Celui qui depuis l’invention des « écritures saintes » continue de nourrir les pires sentiments. Les exploits d’un Michael Phelps sont tout simplement phénoménaux, le résultat d’un travail titanesque à l’image de ce que le sportif a réalisé (huit médailles en un championnat olympique pulvérisant des records mondiaux et dépassant son compatriote Mark Spitz. Dans ce cas précis, les exploits sont salués à l’aune de leur grandeur, tandis que ceux des « autres sportifs», qui plus est basanés, ils sont vus comme le résultat d’une « combinaison ». Du verbe « combiner », autrement dit magouiller. L’accusation est grave. Aussi graves que peuvent l’être les faibles performances de certaines équipes nationales pourtant aux moyens incroyablement scandaleux comparées à celles d’un pays pauvre rempli de descendants d’esclaves comme la Jamaïque.
C’est que les bambins de Kingston, depuis leur jeune âge, ne savent compter que sur leurs propres efforts dans un pays où le chômage guette un jeune sur deux. Elevés à la dure, ils sont souvent entraînés dans des conditions où la loi du plus fort reste impitoyable pour les faibles. Nonobstant, une professionnalisation accrue ces dernières années grâce au savoir faire acquis aux Etats-Unis aux sélections très dures qui ne retiennent que les meilleurs des meilleurs. Rien à voir avec l’indemnité que peut toucher un sportif de haut niveau français. Plutôt que de digresser sur les combinaisons des sportifs jamaïcains, le spécialiste français es athlétisme qui n'a jamais gagné une médaille, au demeurant, bénéficiant d'un parachute doré à la fédé, ferait mieux de se renseigner sur les conditions d’entraînement de ses homologues. Afin de comprendre pourquoi les sportifs français pourtant au capital similaire craquent pendant les grands rendez-vous à l’instar de Kristina AARON, Ronald POGNON etc.

Autant les dires de Monsieur Chevalier relèvent de l’accusation gratuite et sans fondement, autant ils témoignent de quelque chose d’inquiétant. La destruction des carrières de Marion JONES, Justine Gartlin et de bien d’autres dissimule mal les failles d’un système qui, au lieu de sanctionner les vrais coupables, s’en prend aux derniers maillons d’une chaîne à savoir les sportifs qui se laissent corrompre. C’est la raison pour laquelle les soupçons de dopage sur un sportif ne peuvent faire litière de la question fondamentale des vrais coupables. Aujourd’hui nous connaissons seulement le visage des boucs émissaires, pas de vrais salauds. C'est-à-dire, les laboratoires, les coachs, les agents de seconde main, enfin toute la chaîne humaine qui opère en douce en se faisant du fric sur la « naïveté ?» de ces héros d’un jour ? A ces héros de comprendre qu’il s’agit là que d’une stratégie bien huilée de leur destruction.

vendredi, août 01, 2008

Les Noirs, le sport et les luttes politiques



A quelques jours des JO de Pékin et au moment où le champion du monde 1998 Lilian Thuram fait ses adieux difficiles au football, il apparaît opportun de s’arrêter sur un des terrains qui a parfois permis aux luttes noires de pouvoir s’exprimer à savoir le sport. Pour mémoire, on se souviendra longtemps des prises de position du footballeur, certainement le plus courageux de sa génération, au moment de la crise des banlieues, de son bras de fer avec Nicolas Sarkozy sur la « racaille » et enfin de sa main tendue aux sans papiers de Cachan en leur offrant des billets pour le match France Italie.

Depuis le poing ganté de noir brandi par Tommie Smith et John Carlos sur le podium olympique de Jeux de Mexico en 1968 en solidarité avec les Black Panthers, le sport de haut niveau a quelque fois été investi par les sportifs noirs pour appuyer des luttes en faveur des populations noires. Mais cela prenait parfois des allures de victoires à la Pyrrhus. Smith et Carlos payèrent le prix fort pour leur action spectaculaire qui aboutit à leur exclusion du village olympique, en sus de leur suspension de l’équipe américaine sans doute revancharde. Casius Clay alias Mohamed Ali paya aussi le prix fort son engagement contre la guerre du Vietnam. Résultat : 3 années de suspension et d’interdiction de combats professionnels. Dans un autre registre moins politique certes, Jesse Owens donna du fil à retordre aux Nazis et à leur idéologie par ses victoires aux Jeux de Berlin en 1936. Il protesta également mais sans résultat contre l’éviction des athlètes juifs Sam Stoller et Marty Glickman de l’équipe américaine du 4X100 ordonnée par les autorités américaines soucieux de ne pas froisser leurs homologues allemands. Mais Roosevelt refusera de recevoir le champion à la Maison blanche. Lors des JO de Sydney l’athlète aborigène Cathy Freeman choisit de porter les deux drapeaux australiens et aborigènes, un geste exceptionnellement toléré par les instances olympiques qui interdit tout drapeau sauf les drapeaux nationaux. On n’oubliera pas Arthur Ashe dont le combat contre l’Apartheid en Afrique du sud, le soutien en faveur des réfugiés haïtiens, en fait l’un des sportifs les plus engagés de sa génération.


La confusion qui a eu lieu autour de la flemme olympique entre sportifs et politiques au printemps dernier permet de mesurer la difficulté aujourd’hui de l’alliance entre sport et engagement politique. Les grosses sommes d’argent amassées par les sportifs les a sans doute éloignés de l’engagement politique, au profit de l’engagement humanitaire. Plus gratifiant sans doute en termes de retombées…Ce qui n’exclut pas leur instrumentalisation comme cela risque d’être le cas avec les JO de Pékin où certains arboreront un badge en faveur des droits de l'homme et du Tibet.

Président africain mode d'emploi : le cas Bokassa

Ouganda : les victimes de l'acide

REPORTAGE: En Ouganda, l'acide est utilisé comme une arme facile de vengeance. Cette pratique, apparue il y a près de 30 ans en Afrique de l’Est, a pris une ampleur inégalée dans le pays.