dimanche, novembre 21, 2010

Noirs célèbres et Princesses blanches

L’amour a ses raisons que la raison ignore. Pourquoi de nombreux hommes noirs préfèrent-ils les blanches ? Voilà une question qui ne laisse personne indifférent. Et pour cause beaucoup se la pose et se la poseront toujours. Dans les rues de Paris, et pas seulement, le phénomène est banal. Le couple mixte côtoie les couples « origine » black-black ou white-white. Mais notre regard sur cette mixité est autant teinté de voyeurisme coupable, de gêne, d’étrangeté, de mépris que d’admiration. Surtout lorsque les faits et gestes, de l’heureux couple qu’on épie insidieusement, à son insu, transpirent la complicité et l’amour dont on aimerait connaître les ingrédients de la recette.

Pourtant il n’y a peut être pas de recette. Et si ces histoires de noirs et de femmes blanches étaient tout simplement le fruit naturel d’une rencontre entre un « Homme » et une « femme » au-delà du noir et du blanc, donc de leur épiderme respectif ? Ce qui fait dire à certains que la mixité serait un mouvement naturel de l’humanité et que nos sociétés seraient amenées au métissage de gré ou de force. Tandis que les plus pessimistes y voient le signe d’une régression, en ce sens que le mélange des « races » se ferait au détriment des races dites « supérieures » puisqu’elles disparaitront avec leur intelligence atavique en même temps que les « hybrides » se multiplieront avec leur « bêtise légendaire ». Mais afin de cerner ce phénomène, il ne serait pas inintéressant de faire un détour par l’histoire toujours aussi riche d’enseignement.

Du Nègre Banania au Black…
La célèbre pub banania connue pour se gausser du rire béat et niais du tirailleur sénégalais dégustant un bol de chocolat chaud serait, peu de gens le savent, l’épilogue d’une belle histoire d’amour entre un soldat venu des colonies et une blanche. Pourtant la célèbre pub a fait couler beaucoup d’encre et de salive jusqu’aux prétoires. C’était la première intrusion publique du Noir dans l’imaginaire français. Le sauvage puis l’indigène devenant le Nègre de Banania. Les deux guerres mondiales sont passées par là. Au lendemain de ces deux conflits meurtriers, les françaises découvrent les enfants de la colonie. Parmi eux les Noirs venus d’Afrique sud-saharienne et des îles. Leur courage dans les tranchées où ils ont servi de chairs à canon déride un peu leur image de sauvage et d’indigène auprès des Françaises et Français imbibés et pétris de culture raciste. Mais cette négrophilie bon teint reste souvent paternaliste à l’image de la célèbre publicité. C’est à ce moment précis que le Nègre pénètre dans le quotidien des Françaises. Alors il se raconte que le bon nègre est aussi l’amant de passage. Au bonheur des veuves et des célibataires du Paris sombre de l’après guerre.

La légende du sexe surdimensionnée…

Il paraît qu’ils en ont une grosse. En même temps que s’installe le mythe du bon nègre c'est-à-dire souriant aimant la bamboula, une autre légende qui a encore la vie dure saisit la France. Le sexe surdimensionné des Nègres. Fantasme ou réalité, il se raconte que c’est en tout cas l’une des raisons pour lesquelles les blanches préfèreraient les Noirs. Au grand dam de leurs mâles dont la petitesse de « cette chose là » pour parler comme le Fessologue de Mabanckou n’arrive pas aux chevilles de celle des Nègres. Des chevilles qui alimenteront des blagues parfois sans saveur. Comme celle du président Mitterrand invitant son homologue Abdou Diouf à aller se soulager au bord de la seine ; le premier s’exclamant « que le fond de l’air est chaud » tandis que le second du haut de sa taille répliquera « le fond de l’eau aussi ».

Années 70’s : Le Nègre bon enfant ou l’amour bonne conscience

Mais petit à petit, l’installation progressive des Nègres dans la république postcoloniale après 1970, date de l’arrêt de l’immigration de travail banalise leur présence. Mais les clichés ont la vie dure. Le parfumeur Guerlain en sait quelque chose. Il se raconte que les Nègres sont des bons enfants. Il faut les sauver de la misère. Mais cette période des années post-68 est aussi celle du retour du paternalisme. S’afficher avec un Noir est parfois pris pour un acte militant. C’est l’époque de la naissance de l’humanitaire international avec son lot d’images de villages nègres à secourir croulant sous la famine et les guerres injustes. Biafra, Ethiopie, tout le monde s’en souvient.

Années 80’s : De l’United colors of Benetton à la suspicion

Les publicités benetton ont fait sourire et pleurer beaucoup de monde. Dans le prolongement de la philosophie humanitaire, on découvre l’égalité des races, la beauté de la diversité du monde. Bref we are the world. C’est le début de la banalisation des couples mixtes en France. Mais c’est aussi l’époque du black mic mac. La blanche ensorcelée trouvant refuge et consolation dans les bras de son marabout d’amant. Mais cette période inaugure aussi la suspicion jusqu’au début des années 90 sur les couples black and white. Les lois Pasqua sont passées par là. Mariage blanc, mariage de papiers etc. les noms d’oiseaux fusent partout pour qualifier les unions mixtes. Un vent de panique saisit même les autorités. Elles iront jusqu’à multiplier des mots d’ordres stigmatisant les Nègres. SIDA, SANS PAPIERS, etc. tout y passe.

Années 1990-2000 : du black mic mac au black bazar

Nous y sommes. Est-ce le début d’une ère nouvelle ? Les images du sidaïque et du sans papiers sont elles derrière nous ?. En tout cas, il se raconte dans la France de Sarkozy que le nègre est à la mode. Il serait aussi bon amant que viril et protecteur, n’en déplaise à Guerlain qui pense qu’il ne travaille pas encore assez. Chiche ! A l’opposé donc du mâle blanc, endurci dans le célibat, que les femmes blanches jugeraient narcissique, égoïste et préférant la masturbation à la place d’un bon coït à deux. Mais que recherchent au juste ces Nègres ténébreux dans les bras de leurs princesses blanches qu’ils ne trouvent dans l’architecture galbée du bois d’ébène ? Que recherchent les fils de cham ? Une vie de couple, une vie de famille, une vie de foyer ?
Des tabloïds trash anglo-saxons aux très sages magazines francophones, les couples mixtes envahissent les unes encore pâles des fanzines people. Même si dans ce domaine, il y a beaucoup de choses à dire. DE SEAL à TIGER WOODS en passant par Anthony Kavanagh, Tony Parker, Yannick Noah, Kanye West véritable amateur du « bois caucase » jusqu’au feu King of pop et même à nos chers roitelets du Contient à l'image de Abdou Diouf, les Nègres ne jurent que par elle ? Et si les Nègres étaient eux-mêmes maraboutés par la chaire blanche ? On évitera les spéculations au risque de se perdre dans des digressions sans fondement. Il n’y a qu’une enquête sociologique qui pourrait nous éclairer sur ce sujet.

5 commentaires:

Pascale a dit…

L'amour n'a pas à se justifier ! Tant pis pour ceux que ça dérange. Il y a aussi des noires, princesses ou non, et des blancs, pas forcément célèbres, qui s'aiment, forment des couples stables et amoureux.

Anonyme a dit…

OUi mais peiti clin d'oeil à tous les commentaires racistes lues ici et là...

Anonyme a dit…

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Sylvain FOULQUIER a dit…

Personnellement je suis blanc et je pourrais très bien tomber amoureux d'une femme noire, ou blanche, ou asiatique, et cela ne ferait pour moi aucune différence. Le fait qu'en 2016 les couples mixtes scandalisent encore des esprits aigris et racistes (toutes couleurs de peau et origines confondues) prouve que les choses n'ont pas beaucoup évolué.