samedi, décembre 03, 2011

Serge Bilé : un sombre journaliste ?

« Sombres bourreaux ». C’est le titre du nouvel opus du sulfureux journaliste franco-ivoirien Serge Bilé qui s’est fait connaître en 2005 en publiant un ouvrage fort instructif sur les Noirs victimes de l’hitlérisme « Noirs dans les camps nazis ». Cette année, ce passionné de l’histoire des Noirs récidive. Il publie un ouvrage qui raconte l’aventure ahurissante de soldats noirs qui ont intégré l’armée hitlérienne de la Wehrmacht. Ces sombres bourreaux, c’est le qualificatif que leur affuble l’auteur, se nomment Norbert Désirée, Henry Lémery Germaine Lubin, Ewan Ngando. Impensable, me direz-vous, mais pas pour notre essayiste. Tel le saumon qui remonte le courant pour retourner à la source, Bilé lui retourne dans ses eaux sulfureuses de révélations historico-hitlériennes qui l’ont fait connaître. Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. Comme il y a cinq ans, l’on tombe toujours des nues devant ces révélations qui vous retournent le cœur dès l’instant où vous commencez à feuilleter les premières pages. Que cherche Serge Bilé ? L’on ne résiste pas à l’interrogation. Autant son premier sujet sur les victimes noirs du nazisme semblait marquer du sceau de la sincérité de l’infatigable chercheur de la vérité, autant son dernier livre nous coupe l’appétit tant il transpire la recette du coup médiatique.
Non pas que le sujet soit dénué d'un quelconque intérêt intellectuel. Bien au contraire. Mais, l’on est en droit de s’interroger sur l’intérêt historique d’une réalité qui a concerné trois « pelés et un tendu », si vous nous permettez l’expression. L’histoire est une science, ce n’est pas de l’anecdote. Or notre cher Bilé nous présente une poignée d’individus pour d’horribles bourreaux comme si ces pauvres messieurs enrôlés de gré ou de force dans la Wehrmacht pouvaient porter le poids de l’ignominie hitlérienne. Impensable. Le Nazisme c'est l'histoire de l'Occident, de l'Europe, de sa propre conscience face à la "bête". Toute tentative visant à mêler les peuples Africains à cette idéologie macabre du Nazisme relève de la pure supercherie. Sombres bourreaux ? Méfions nous des relectures par trop rapides de l’histoire comme de ces apprentis historiens qui prennent certains détails pour de la réalité historique. Or la réalité historique est avant tout un "fait social total" au sens où l’on l’entendait l’anthropologue français Marcel MAUSS. D’où notre interrogation de départ que cherche Serge Bilé ? L’on doute que ce Monsieur dont l’intérêt pour l’histoire du Nazisme est sûrement sincère veuille contribuer à la réhabilitation des peuples négro-africains qui ont tant souffert de la férocité blanche.

2 commentaires:

Franck Talk II a dit…

Ce n'est qu'à un arbre qui porte de fruits, que l'on lance les pierres. Votre critique montre que vous n'êtes pas suffisamment informé sur l'Allemagne nazie. Tenez, la Wehrmacht (armée nazie) n'était pas 100% aryenne: il y avait de soldats juifs, même un feldmarshal. Le jeune soldat Werner, qui symbolisait le prototype de l'aryen était un Juif allemand. Sur le sujet, il y a de livres qu'aucun Juif n'avait critiqué.

Anonyme a dit…

Je pense que les Noirs ont été davantage des victimes de l'Hitlérisme que des acteurs. Or c'est ce que tente de faire croire Bilé avec son titre qui suinte bon le racollage. Je ne suis pas certain qu'en adoptant une lecture aussi sensationnaliste des anecdotes historiques que l'on puisse faire avancer le combat. Oui car les peuples noirs sont en combat. L'oppression n'a pas fini, les guerres du Zaïre, du Darfour, du Congo, de la Corne de l'Afrique, la pauvreté des Noirs américains ce sont des batailles à livrer. Alors je veux bien des gens qui chargent aussi le Noir, mais est ce que l'Occident a t-il tiré toutes les conséquence de cette tragédie qui est la déportation des juifs ? je n'en suis pas sûr, car l'antisémitisme, le racisme a encore de beaux jours en Europe.