Affichage des articles dont le libellé est Insolite. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Insolite. Afficher tous les articles

vendredi, avril 11, 2008

Profession : aboyeur de destinations




"Et toutes ces têtes, tu ne les prends pas ?"
C'est le chauffeur du taxi-bus qui râle après son "receveur", un jeune homme qui fait office d'aboyeur de destinations, vendeur et contrôleur de tickets, rétroviseur en plein embouteillage, des fois "roulage" c'est-à-dire agent de circulation mais uniquement pour son chauffeur et son véhicule.
Il s'agit d'un minibus Volkswagen, que le Kinois appelle communément "Kombi".
Je dois faire un micro baladeur à la place Victoire en marge du meeting de l'un des nombreux partis d'opposition, le PDC.
Les sièges du constructeur allemand n'existent plus, trois rangées de bancs en métal bois les remplacent, la quatrième étant juste une barre de bois posée sur le moteur à l'arrière, vers le coffre. C'est cela le "Kombi". Quatre rangées de bancs pour 11 "têtes" payantes.
Le "receveur", lui, se place toujours au bord de la deuxième rangée pour pouvoir manipuler comme il faut l'ouverture et la fermeture de la porte coulissante du minibus, et être sûr que chaque personne qui descend du "Kombi" a payé son ticket ou a exhibé une carte.
Ce sont les détenteurs de cartes que les Kombi évitent le plus, comme la peste !
Ils sont Fonctionnaires de l'état, Policiers ou Militaires, Journalistes surtout de l'audiovisuel et de la chaîne nationale, la RTNC - Radio télévision nationale congolaise
Tous ces gens bénéficient, grâce à l'État, de la gratuité du transport en commun, même si les transporteurs, eux, sont des privés !
C'est cela qui énerve Makambo, le chauffeur du minibus.
Licencié en langues, ancien professeur de français à l'Athénée de la Victoire, il est obligé pour nourrir sa famille, de faire chauffeur de Kombi pour son oncle.
Il a tellement écrit des lettres de demande d'emploi sans suites.
C'est son quatrième "j'ai l'honneur" qui l'a décidé à troquer la craie pour le Kombi.
Ce poste de directeur de cabinet était pour lui sans aucun doute, il le méritait beaucoup plus que le frère de la belle-soeur du cousin de la 4e "bureau" du ministre de la Culture...
Il a donc fait sa lettre, "J'ai l'honneur de solliciter auprès de votre autorité et bla-bla-bla".
Son interview est un jeu d'enfant pour la tête qu'il est, et le chef du personnel ne sait pas cacher sa satisfaction après un tel entretien
Makambo va donc déjà trinquer pour ce nouvel emploi, puis démissionne de son poste de "professeur de français" à l'Athénée de la Victoire, trop content que pour une fois les choses se passent normalement dans un ministère.
Pendant ce temps, le ministre, lui, se fait mettre à genoux, lacérer, fouetter par sa 4e "bureau", une jeunette de 17 ans qui le tourne en ridicule comme un clown à deux balles !
C'est leur fantasme à tous les deux.
Elle réussit à lui vendre l'idée de prendre son "tonton" pour Direcab afin que les secrets de famille soient bien gardés, et hop !
Entre un ami, un frère, sa femme, sa maîtresse et un inconnu, le choix est clair, non ?
Makambo a donc plié son beau diplôme en quatre, l'a glissé sous son oreiller et conduit depuis six mois le Kombi de son oncle de patron.
Il lui arrive souvent de croiser quelques-unes de ses anciennes élèves, qui ne cachent pas leur étonnement à le voir là derrière le volant de ce Kombi, alors pour ne pas perdre de sa fierté ni répondre à trop de questions, il leur offre toujours leur course.
"Et toutes ces têtes, tu ne les vois pas ? Redemande-t-il à son receveur
Prends-moi toutes ces écolières, ces mamans commerçantes, ces "tantines" bien habillées, les femmes au moins paient toujours leurs courses.
Quand tu passes devant les hommes, s'il te plaît, ne donne pas notre destination."
Et c'est monnaie courante !
Les Kombi aboient rarement leurs destination et trajet devant un groupe d'hommes.
Parce que même quand elles sont journalistes par exemple et donc exemptes de payer le transport, les femmes sont souvent gênées de brandir leur carte et de ne rien donner devant les gens, et il faut dire que les receveurs les charrient tellement qu'elles finissent toujours par payer leur ticket.
Le receveur de Makambo est un as en la matière et un fin dragueur.
Ils habitent dans le même quartier.
Le petit était déjà receveur quand Makambo va donner ses cours tous les matins à l'Athénée de la Victoire, ses parents ne pouvant lui payer sa scolarité.
Aujourd'hui ils sont "collègues" de service dans ce Congo uni, fort et prospère.
Vivement les élections !
Vivement les bonnes personnes à la place qu'il faut.


Marie-Louise Bibish Mumbu source africultures

En 2008, Mandela est toujours considéré comme un terroriste aux Etats-Unis

WANTED




Condoleezza Rice a reconnu mercredi que leur statut actuel était embarrassant Nelson Mandela, le leader historique du Congrès national africain (ANC), et son parti figurent encore sur les listes noires américaines. Pendant l’Apartheid, le parti, qui est au pouvoir aujourd’hui en Afrique du Sud, était considéré comme un mouvement terroriste. Une loi devrait très bientôt mettre fin à cette situation face à laquelle la secrétaire d’Etat américaine s’est dit, mercredi, « embarrassée ».

L’Afrique du Sud est un pays avec lequel nous avons maintenant d’excellentes relations, mais il est plutôt embarrassant que j’aie encore à intervenir personnellement pour autoriser l’entrée sur le territoire de mon homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela », a déclaré mercredi, Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine. Aux Etats-Unis, les dirigeants du Congrès national africain (ANC), au pouvoir désormais en Afrique du Sud, font l’objet de restrictions lors de leurs déplacements américains. Durant le régime ségrégationniste de l’Apartheid, leur mouvement était considéré comme terroriste.

Embarrassant et suranné

La secrétaire d’Etat encourageait ainsi vivement l’initiative de la commission des Affaires étrangères du Sénat qui a introduit, la semaine dernière, un projet de loi pour lever ces restrictions. L’ANC et ses leaders ne devraient plus figurer sur aucune liste noire américaine après l’adoption de ce texte, à une date encore inconnue. Le département d’Etat ne fait pas mystère du soutien qu’il apportera à un projet de loi qui paraît suranné quatorze ans après la fin de l’Apartheid, le prix Nobel de la paix décerné à Nelson Mandela et son passage à la tête de l’exécutif sud-africain. Les Américains, avant-gardistes ? Ca dépend.
Source lu sur afrik.com